Redevance minière: Les ONG n’ont pas cherché l’information à la base (Eric Twite)

In Congo profond
Fraude douanière, Taxes, Katanga

Au cœur de l’accusation de mauvaise gestion des fonds de la redevance minière, le bourgmestre de la commune de Kampemba réagit. Dans une interview exclusive à Congo Durable, Eric Twite wa Lwamba dit bien prendre la plainte déposée contre lui et deux autres bourgmestres de Lubumbashi. Les ONG ont le droit, indique-t-il, ont le droit de demander des comptes. Mais il leur demande aussi de chercher la bonne information auprès d’eux.

De cette manière, il fait entendre qu’il n’a pas été contacté dans le but d’en savoir plus sur les soupçons de détournement le concernant. Début novembre, l’ONG HDH a déposé une plainte contre les bourgmestres de Kampemba, Ruashi et de la commune Annexe. Elle les accuse de mauvaise gestion des fonds de redevance minière payée par des sociétés établies dans leurs juridictions, d’après le Code minier.

Congo Durable : Monsieur Twite, Quelle est votre réaction à la plainte d’ONG contre votre gestion de la redevance minière ?

Eric Twite : Nous faisons chacun son travail et ce, pour le bien de la population. Entant qu’ONG, la structure qui porte plainte contre nous a bel et bien raison. Dans le sens où il faut que la population sache à quoi a servi son argent. Surtout que cet argent appartient à la population et non aux bourgmestres.

Cependant, l’ONG en question ferait mieux de venir vers nous pour avoir les données dont elle avait besoin. C’est toujours important de vérifier à la source au nom du principe du contrôle citoyen qui exige qu’on rende compte à la base

Quel est le montant, en chiffre et non pas en pourcentage, que la commune de Kampemba a perçu depuis le début du versement de la redevance ?

C’est un secret de Polichinelle. Avant tout, j’aimerai dire à votre média et à la population lushoise, que la commune Kampemba n’a qu’une seule entreprise minière. Et cette dernière, c’est CHEMAF [Chemical for Africa, Ndlr]. Cette entreprise n’a versé que 174.000 USD pour le compte du mois de mai 2019. Et cet argent a été perçu le 30 juillet 2019.

Pourtant CHEMAF doit à la commune 1.444.000 (un million quatre cent quarante-quatre mille) USD comme cumul de huit mois. Soit de Juin 2018 à Janvier 2019. Mais il faut aussi reconnaître que l’entreprise CHEMAF paye par pallier. Car pour l’entreprise, les moments sont durs.

Lire aussi : La redevance minière: Afrewatch demande à Kinshasa d’arrêter un partage « illégal »

Conformément à la loi, votre commune a-t-elle un plan de développement, et des projets pour l’affectation de ces fonds ?

Aujourd’hui, on parle de moins en moins de l’insécurité dans ma juridiction. Comprenez, monsieur le journaliste, que l’on se bat ensemble avec la police de proximité pour éradiquer l’insécurité. Et aussi sur le terrain, plusieurs actions sont visibles.

Pouvez-vous citer ces actions qui justifient les 174.000 USD?

Nous avons aménagé les bureaux Sous-commissariat de la police que nous avions placé dans tous les quartiers de la commune de Kampemba. Nous avons construit le pont jeté sur l’avenue Araucarias. Aussi, nous avons aménagé l’espace de jeu sur la chaussée de Kasenga. La commune s’est payé deux camions dont un vidangeur et un autre d’assainissement.

Nous avons construit quatre kilomètres de route en terre battue, soit une route de 2,5 km et une autre de 1,5 km. Nous avons construit des tranchées et réhabilité l’entrée du camp Vangu. Plusieurs actions ont été menées dans ce sens.

Propos recueillis par Eric Cibamba

Rejoignez notre Newsletter!

Vous aimez les articles de Congo Durable? Inscrivez-vous dans la newsletter!

You may also read!

Dolly Makambo

10 ans de prison contre Dolly Makambo : les réactions se multiplient

Les réactions se multiplient, après la condamnation du ministre de l’intérieur Dolly Makambo. Jeudi, la haute cour militaire a

Lire plus...

Bois rouge : une possible de reprise d’exploitation à l’étude dans le Haut-Katanga

Une commission étudie les possibilités de reprise d'exploitation et de commercialisation du bois rouge dans le Haut-Katanga. C'est ce

Lire plus...
Shadary et Fayulu

Shadary et Fayulu : Dans la peau d’un candidat malheureux à une présidentielle

Plusieurs préfèrent en rire, d’autres pensent qu’ils ont perdu la boule. Mais dans la peau d’un candidat malheureux à

Lire plus...

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Mobile Sliding Menu

Designed by SoftProviders