Retour en force de la criminalité à Lubumbashi

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Criminalité, Lubumbashi, Moïse Katumbi

Il faut en finir avec la criminalité à Lubumbashi maintenant. Et c’est la responsabilité des gouvernants. C’est, en somme, la substance d’un appel lancé par l’Asbl Justicia militant pour les droits humains dans la ville.

La criminalité à Lubumbashi persiste depuis 2016, dans une ville autrefois surnommée « ville de la paix ». Aujourd’hui, elle est devenue une ville de l’épée.

L’ONG Justicia Asbl dit d’elle, en effet, avoir noté « qu’il ne se passe plus un seul jour sans que l’on signale un cas de cambriolage par-ci, un assassinat par-là ou un acte de viol ».

La criminalité à Lubumbashi fait davantage peur

La ville n’est pourtant pas en guerre. Rien à voir avec la situation à Béni par exemple. Mais la ville vit une insécurité de plus en plus inquiétante.

En effet, la semaine dernière et dans la matinée, rappelle Justicia Asbl, un changeur de monnaies dénommé Tshipanga Mwana a payé le prix de cette insécurité. Vendredi 6 décembre aux environs de 8h00, l’homme est attaqué par des hommes armés alors que deux jours plus tôt, la même scène s’est produite contre un autre changeur vers 20h du soir au centre-ville.

Lire | Triomphalisme, déficit d’État de droit et criminalité à Lubumbashi

Les victimes de ces deux opérations sont encore sous soins. Les malfrats seraient non identifiés. Pourtant les témoins nomment des hommes au service de la république.

Par ailleurs, « des sources non vérifiées indiquent que la police aurait poursuivi ces  malfrats dont 4 parmi eux seraient aux arrêts et des sacs d’argent récupérés », annonce le communiqué de Justicia.

Le même vendredi et en pleine journée, au croisement des Kilelabalanda et De la révolution, « un mini-bus dans laquelle se trouvaient quelques personnes qui criaient au secours, a pris une destination inconnue, ce qui laisse croire que les personnes à l’intérieur ont été enlevées probablement par des gens armés ». Et aucune suite n’est encore donné quant à ce.

Personne ne peut rien faire ?

Dans les quartiers et communes périphériques, les cambriolages sont devenus courants qu’on ne s’en plaint presque plus. De toute façon, personne n’a encore réussi à en finir. L’insécurité à Lubumbashi semble plus forte que les gouvernants qui n’ont su que promettre d’en finir.

« Ces attaques, souligne l’Asbl, devraient interpeller les gestionnaires de la sécurité de la province du Haut-Katanga. » Et de conclure que « faute de ne pas prendre des mesures appropriées pour éradiquer cette insécurité, il y a lieu de croire que les gestionnaires de la sécurité de la province seraient incapables d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. »

Des pistes de solution

L’une des conséquences est la rupture de la confiance entre la population et les forces de sécurité, voire les autorités. Justicia Asbl pense tout de même que la situation est dramatique mais peut être résolue. Selon elle, les services de sécurité devraient « tout mettre en œuvre pour améliorer la confiance entre eux et la population en vue de dénoncer toute personne suspecte ».

Cependant, toutes les dénonciations n’ont pas toujours abouti à la justice. Et même, s’indigne la population, la police n’est pas toujours disponible quand on l’attend.

Les autorités provinciales devraient alors repenser leurs stratégies pour la sécurité des personnes et leurs biens.

Pour Justicia Asbl, l’on devrait « organiser de toute urgence des journées de réflexion sur la sécurité dans la province du Haut-Katanga qui impliqueraient les services chargés de la gestion de la sécurité, les organisations de la société civile ainsi que l’Université de Lubumbashi en vue de concourir à la restauration de la sécurité et de la paix sur toute l’étendue de la province ».

Cependant, ce communiqué n’est qu’un « simple papier » devant l’autorité politique. Ses recommandations pourraient couler tel l’eau sur le dos du canard. Car les appels à l’action à l’endroit des autorités sont nombreux mais presque jamais de résultats à la suite.

Fidèle Bwirhonde

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