Noël : de l’espérance pour la femme congolaise victime de violences

In Congo profond
Lubumbashi, Viols

Nous réfléchissons, dans ce texte, sur la fête de Noël non dans la perspective traditionnelle du Dieu incarné pour le monde en générale, mais pour un cas déterminé de la femme congolaise victime de violence de tout genre. 

Le Pape Jean-Paul II, lors de ses nombreux voyages en Afrique et particulièrement au Congo, n’a cessé de rappeler que « le Christ est aussi Africain dans ses membres ». De fait, le jour de Noël est un jour de fête et de joie, de paix et de consolation. Jour de guérison et d’espérance qu’apporte le Christ fait chair, aussi bien pour tout le monde que pour cette femme congolaise victime de violences

Regarder le Congo à travers noël et la femme congolaise

L’Afrique, surnommée « continent des catastrophes », retient notre attention quant au cas de la femme en RDC (dans sa partie de l’Est). Femme en laquelle Christ s’incarne pour devenir ‘’Congolais’’ avec les Congolaises et Congolais.

Femme qui est pourtant régulièrement victime de violences de tout genre. On citera, notamment : harcèlement sexuel, traite, mutilations d’organes, mariages forcé et précoce, crime d’honneur, féminicide, infanticide des filles, …). 

Dans son « Discours à Oslo », le Docteur Dénis MUKWEGE (Prix Nobel de la Paix 2018) n’a pas oublié de mentionner que certaines milices usent de la violence comme arme de guerre pour détruire l’individu (la femme. Détruire aussi sa famille, voire son tissu social.

Face à cela, Noël s’annonce absurde pour cette femme victime de violences. Car, comment lui dire que Dieu l’aime ? Que Christ se fait chair pour lui apporter un chemin d’espérance ? Elle pour qui la paix n’est qu’un mot étranger et incompréhensible ; la brutalité et le traumatisme sont devenus partie intégrante de sa vie et de sa personnalité.

À Dénis MUKWEGE de dire que la violence est devenue une nouvelle réalité en RDC. Nouvelle réalité bien orchestrée par certaines autorités de la place sans gêne ni vergogne. Béni est un des cas très récurrent qui retient avec peine notre attention. Beni est une ville qui vit un cas très alarmant en matière de violence.

Ainsi, nous nous rallions aux côtés des membres du Réseau des Femmes parlementaires qui ont dénoncé en déclarant, dans un communiqué le mardi 03 décembre que « le génocide de Beni et surtout la passivité de l’armée et de la MONUSCO », semblent palpitants.

Dévastatrice belligérance

Dans notre pays la RDC, la belligérance qui s’est installée au cours de ces dix dernières années dans la Province Orientale s’est avérée désastreuse, surtout pour les violences sexuelles orchestrées à l’endroit de la femme. 

Cette dernière a constitué la cible et, est victime de viol de tous les groupes armés qui se sont affrontés en Ituri et ailleurs.

Cette cruauté quasi-naturelle à l’endroit de la femme s’est renforcée avec l’irruption de la guerre en RDC dès 1996, et particulièrement avec la guerre de 1998, comme nous le fait remarquer Rigobert MINANI BIHUZO.

De cet auteur, père jésuite primé pour son activité d’éveil des consciences et bachelier en philosophie, nous comprenons que les violences sexuelles exercées par les groupes armés de nos jours sont devenues une pratique (monnaie) courante.

Des jeunes filles sont enlevées par des hommes armés, maintenues en détention et réduites en esclaves sexuelles. Elles sont violées, obligées d’accomplir des travaux domestiques et de se soumettre aux mariages forcés avec les membres des diverses factions, et parfois jusqu’au paiement d’une rançon exigée par les milices. 

Soutenir la lutte pour une femme congolaise épanouie et le Congo avec elle

Par ce texte, nous soutenons la lutte de la femme contre la violence en notant qu’« aucune paix durable ne peut être construite sur l’impunité, sur des fosses communes, sans vérité ni réconciliation, sans justice ni réparation » (D. MUKWEGE).

Lire |Prix Nobel Dr Mukwege, quel sens pour la nation congolaise ?

En Ituri, par exemple, le rapport de Human Rights Watch établit qu’en deux années et demi (juin 2003 – janvier 2005) plus de 3500 femmes dont l’âge varie entre 8 mois et 88 ans ont été victimes des violences sexuelles.

Ces milliers des femmes et jeunes filles ont subi des viols collectifs, des enlèvements par des combattants pour servir d’esclaves (objets) sexuelles pendant de longues périodes. D’autres ont été mutilées ou grièvement blessées par des objets introduits dans leur appareil génital.

D’autres encore, qui s’étaient défendues lors de l’agression, ont été tuées sans regret ni pitié. Ainsi, les violences sexuelles dans les zones sensibles, connaissent une recrudescence sans précédent. 

Noël, espérance

La fête de Noël est pour cette femme (victime de turpitudes), un chemin d’espérance pour une vie meilleure, une vie d’acceptation de soi et de guérison totale (physique, spirituelle, psychique, mentale, etc).

La femme victime de violence doit, en lieu et place, de lutter contre sa souffrance, l’accepter, la comprendre et la surmonter. 

Jésus est l’espérance de tous. Et à plus forte raison, l’espérance de cette femme congolaise victime de violence. Comme le dira Bénézet BUJO dans Dieu devient homme en Afrique noire : « Noël, n’est pas une fête de la bière, ou motif d’une consommation déshumanisante. Noël n’est pas non plus une fête qui s’évapore dans un romantisme de quelques heures ou de quelques jours. Noël, doit nous plonger par contre dans les problèmes spécifiquement existentiels ». Et le cas échéant, la femme congolaise victime de violence de tout genre. 

La venue du Christ est pour le monde en générale un chemin de joie, et pour la femme congolaise victime de violence en particulier, un chemin d’espérance. La restauration de l’humanité que consacre l’Incarnation doit nous procurer la joie en plénitude.

La joie que Dieu éprouve en réalisant son dessein de rédemption. La joie qu’exprime Marie dans le Magnificat. La joie qui fait tressaillir d’allégresse Jean Baptiste dans le sein d’Élisabeth. La joie pour cette femme victime de violence de retrouver sa guérison, sa justice et son espérance en Christ fait chair.

De la sorte, cette femme devra comprendre, par la Noël, que même si une situation est difficile et semble désespérée, avec la détermination, il y a toujours de l’espoir au bout du tunnel.

Jean-Luc Mulyanga

Étudiant en théologie/Lubumbashi-RDC

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