Haut-Katanga : 3e année, la chenille légionnaire bouffe le maïs

In Environnement
Maïs, Chenille légionnaire

La Chenille légionnaire d’automne (spodoptera frugiperda), touche une nouvelle fois le Haut-Katanga depuis le retour de la pluie en novembre 2019. Cette période constitue le début de la saison de la culture du maïs, la cérébrale la plus consommée dans la région et que ravage la chenille.

En 2017, agriculteurs et organisations d’Afrique lui avaient imputé des mauvaises récoltes, avec 62.500 hectares cultivés qui étaient infestés. Déjà l’année précédente, en 2016, la chenille légionnaire d’automne avait touché l’Afrique australe et le Nigeria.

Le maïs nourrit 208 millions d’habitants dont dans le Sud de la RDC

Identifié comme originaire d’Amérique latine, cet insecte vient d’un papillon doté d’une grande capacité de vol. Les scientifiques pensent ainsi qu’il a réussi à traverser l’Atlantique grâce aux vents.

Lire | Katanga : petits agriculteurs, grands producteurs de maïs

En plus, une femelle de cette espèce pond jusqu’à 1000 œufs et ses chenilles peuvent attaquer plus de 100 plantes appartenant à 27 espèces différentes. Le maïs reste sans doute sa plante préférée, mais aussi la céréale la plus consommée à Lubumbashi. En Afrique, cette céréale nourrit quelques 208 millions d’habitants.

« J’ai sillonné, de Kasumbalesa [Haut-Katanga] à Dilolo [dans le Lualaba], et de Lubumbashi à Kalemie [Haut-Lomami]. Nous avons remarqué que la Chenille légionnaire d’automne, ça ravage sérieusement le maïs. Surtout à partir de 45 cm jusqu’au-delà, à la période de floraison », explique Alexis Mbumb Kazemb, coordonnateur de l’Association des agriculteurs sans frontières.

De lourdes pertes pour l’Afrique et le Congo

La conséquence est d’avance connue, dans un tel contexte : de très faibles récoltes, et parfois même des pertes à plusieurs millions de dollars. D’après le Centre international pour l’agriculture et les biosciences (Cabi), la RDC avait perdu 74,5 millions de dollars à cause de l’invasion de la chenille légionnaire d’automne en 2018.

En Afrique, 12 pays pourraient perdre entre 3,6 et 6,2 millions de dollars l’an pour la même cause.

La solution, immédiate, indique le professeur en Agronomie à l’Université de Lubumbashi Lucien Kimuni, devrait consister en un recours aux insecticides. Précisément, il faut pour cela, une détection précoce des larves. Ce qui, par ailleurs, reste une entreprise difficile. Puisque les larves, comme c’est aussi le cas pour les œufs de papillons, passent inaperçus le plus de temps.

L’Etat congolais peut apporter de l’aide aux agriculteurs en termes d’appui à la lutte contre la chenille légionnaire. « Les étendues sont plus vastes. Comme on n’a pas de moyens, le gouvernement peut proposer des produits pour attaquer ces insectes », explique Alexis Mbumb. Il redoute que, s’il n’y a pas d’actions urgentes, la production risque de baisser fortement alors que cette année, le Haut-Katanga a lancé un premier d’une série de projets de production de maïs. « Il y aura réduction par rapport aux attentes, explique monsieur Mbumb. Si on attendait 6 tonnes par hectares, on peut récolter seulement 2, voire zéro tonne ».

Ne pas semer le maïs deux années de suite dans un même champ

En attendant de grands moyens, les spécialistes recommandent une surveillance régulière des champs. Cela devrait permettre une détection précoce des insectes en vue d’organiser une riposte. Mais les agriculteurs peuvent aussi décider d’alterner des cultures dans leurs champs, explique monsieur Mbumb.

Cette méthode consiste, explique-t-il, à ne pas semer le maïs dans un même champ deux années successive. Ce changement, de maïs aux pommes de terre, par exemple, devrait permettre croit-il, de faire disparaître les papillons qui donnent naissance aux chenilles légionnaires, dévastatrices de maïs.

Didier Makal

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