​Laveur de véhicules, une occupation devenue une profession à Lubumbashi

In Congo profond
Laveur de véhicules

Ça ne produit pas encore beaucoup d’argent d’être laveur de véhicules dans la rue à Lubumbashi, mais c’est devenu un job. Ce serait aussi un des signes du chômage dans la ville autant qu’au pays. Pourtant, il faut quelqu’un s’y mette.

Un laveur de véhicules, c’est facile à trouver à Lubumbashi : presqu’à tous les coins de rue où la circulation est intense. Ils sont dans les parkings, les cours d’écoles et d’universités, les parvis des églises et partout où les véhicules sont réguliers.

Rien n’effraie les laveurs de véhicules de Lubumbashi. Il n’ont besoin ni d’un permis, ni d’un espace dédié. Les laveurs de Lubumbashi font la loi dans une ville où personne ne les contrôle dans leur clandestinité.

Gagner de l’argent et tout risquer

En moyenne, chaque laveur peut aller à cinq véhicules le jour. Assez, suffisant ou pas, pour vivre et faire vivre ses dépendants.

Ils sont sur presque toutes les routes de la ville, au coin comme sur la chaussée, un morceau de sac de rafia en mains. A quelques pas traînent toujours des morceaux de bidon destinés à conserver de l’eau. Une eau impropre aussi bien pour l’homme que pour le véhicule qu’on prétend laver.

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Pendant la saison pluvieuse, les rigoles et flaques sont les sources privilégiées d’eau. Car souvent, les rivières sont loin. Par endroit, c’est un conduit d’eau perforé qui répond au besoin.

Il suffit alors d’un peu de savon si possible, un peu d’eau, une éponge et un peu de courage. Et là, on devient laveur de véhicules. Un travail à risque qui expose à beaucoup de maladies et ruine des chaussées. Ce risque est d’ailleurs reconnu par les médecins.

« Ceux qui se servent de n’importe quelle eau pour laver les véhicules s’exposent aux maladies hydriques comme les irritations cutanées ou la teigne », affirme le docteur Ami Abel.

Il recommande alors des précautions pour que les laveurs préservent leur santé malgré tout. « Pour prévenir les maladies, il faudrait, après contact avec ses eaux insalubres, se lever au savon anti bactérien ».

Et avant son bain, le laveur ne devrait entrer en contact avec personne. » Cependant, ils sont en contact permanent avec leur environnement constitué de clients notamment.

Laver pour mieux salir

Les véhicules lavés ne sont tout pas vraiment nettoyés. Certains deviendraient encore plus sales qu’avant, quoique débarrassés de leurs boues. Toutes les fois qu’ils sont lavés dans la rue, moins des conditions requises, les véhicules sont encore plus dangereux, prévient le médecin.

« L’eau est un liquide pouvant pénétrer partout dans un véhicule et elle est très dangereuse si elle est impropre, explique le médecin. Il faudrait bien sécher suffisamment son auto au soleil selon le type de lavage effectué. Sinon, le véhicule lavé pourrait loger des dangereux microbes. »

Laveur de véhicules, un métier

Malgré les risques d’ailleurs bien connus, le choix est clair. Chômer au risque de voler ou devenir laveur en plein air. Finalement, c’est un métier. Presque aucune mesure de sécurité n’est jamais prise.

L’on constate cependant qu’il s’agit d’une activité non seulement exercé par la couche la plus pauvre de la population. Mais surtout par les enfants et adolescents vivent dans la rue. Et pour eux, l’hygiène n’est pas toujours une priorité.

« La tranchée à côté, c’est pour moi un bureau. Mon petit bidon me suffit pour laver des voitures et motos, et à la fin j’ai de quoi vivre », expliquait Sonoke Muka, jeune laveur en rupture familiale.

Seulement, aucun tarif ne s’impose. Tout étant discutable pour ne rater aucun billet. Mais bien souvent, ce tarif dépend du milieu où l’on exerce.

Dans les rues et espaces publics de Lubumbashi, certains laveurs, les plus avancés, ont réussi à s’acheter de petit moteur utils au lavage de véhicules. Cependant, le défi d’accès au courant électrique persiste. Et donc ce moteur ne peut fonctionner partout.

Cédrick Chimbundu

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