RDC : Les chefs coutumiers administrent plus de 65% des Congolais

In Congo profond
Chefs coutumiers, Conflits coutumiers

Les chefs coutumiers ou chefs traditionnels administrent plus de 65% de la population congolaise. Mais leur influence dépasse ce chiffre que le ministre délégué aux affaires coutumières, Michel Mvunzi, a donné le 27 février à Lubumbashi.

Le jeudi, dans la capitale du Haut-Katanga, Lubumbashi, le ministre Michel Mvunzi présidait une session de formation des chefs coutumiers de la province. L’activité avait pour but de vulgariser auprès du pouvoir traditionnel, les dispositions légales et réglementaires qui les concernent.

Chefs coutumiers, chefs de 65% des Congolais

Dans son intervention, le ministre a indiqué que plus de 65% de la population congolaise sont administrés par les chefs coutumiers. C’est dire, autrement, que l’administration publique dûment constituée se concentre en ville, et moins dans les villages. Elle se limite, en se raréfiant d’ailleurs, aux territoires et dans une moindre mesure, dans les groupements.

Ces derniers constituent, en effet, la dernière instance des institutions territoriales décentralisées. C’est-à-dire, les instances de gouvernance publique, d’après ce que prévoit la Constitution congolaise.

Lire | Coutumes et politique, le difficile choix des chefs en RDC

Or, les chefs coutumiers n’ont pas toujours tous les capacités nécessaires pour intégrer les principes de l’administration du pouvoir « moderne » (par opposition au pouvoir traditionnel). Bien plus, les groupements n’ont pas assez de marges de manœuvres dans l’administration publique. Ils se trouvent actuellement, en effet, fortement écrasés par les territoires.

Plusieurs parmi ces chefs, en effet, accèdent au pouvoir traditionnel sur base de la seule filiation ou de la dynastie. Les critères de compétences prévalent rarement, ou pas du tout. Ceci explique ainsi en partie, que le concept d’Etat ou des pouvoirs publics en milieux ruraux, soit généralement confondu aux logiques coutumières ou traditionnelles.

80% des terres congolaises et 600 conflits coutumiers

Par ailleurs, le ministre Mvunzi a indiqué dans son allocution, que les chefs coutumiers administrent 80% des terres congolaises. Mais ce pouvoir accru, non suivi et non réglementé par l’Etat congolais, engendre parfois des conflits entre entités coutumières. Ainsi, indique le ministre, au moins 600 conflits coutumiers ont été identifiés et rapportés au gouvernement à ce jour en RDC.

Malheureusement, déplore Michel Mvunzi, le ministère de la décentralisation avant lui, a fait plutôt avancer plus la décentralisation. L’oubli de résolution de ces conflits, selon lui, « n’a fait qu’aggraver les conflits au sein des communautés locales ».

La nouvelle administration congolaise entend, selon monsieur Mvunzi, s’occuper de ces dossiers. Il espère ainsi  favoriser la cohabitation pacifique entre communautés.

Didier Makal

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