8 mars 2020 : Et si la femme africaine se tenait, finalement, debout !

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La femme africaine

En 2020, un autre 8 mars est au rendez-vous, et la femme à l’honneur. Une  réminiscence annuelle qui ne dit pas son nom autour de la journée internationale des droits de la femme.

Quelle attitude pour la femme africaine qui se recherche, sans la trouver, une place dans la société ? Elle  qui est pourtant génitrice, mère et éducatrice. C’est sur cela que porte notre réflexion d’étudiant théologien africain.

La femme dans nos sociétés

Durant bien des années, la femme africaine a été déportée de façon stridente et pointue, si pas humiliante et inhumaine au second rang dans la société africaine. Certaines Nations africaines, vont jusqu’à institutionnaliser et idéologiser la marginalisation de la femme.

Et cela, au lieu de bousculer cette dernière vers une attitude de non-acceptation de la place donnée (marginale et inférieure). Elle se plait aux côtés d’autres femmes, dans cet état de vie. 

En outre, la femme africaine qui accepte de se considérer inférieure à l’homme, lui donne les occasions de la chosifier. La position « debout » permet à la femme de mettre en crise le machisme (phallocratie) ou tout autre système qui la marginalise, en la rendant inhumaine et inexistante en société.

Et ces coutumes dégradantes…

Dans certaines coutumes, l’on va jusqu’à « interdire certains repas aux femmes ». Parfois, la femme est considérée comme une malédiction, de telle manière qu’il est même conseillé à un homme d’éviter à tout prix tout contact avec elle, avant d’affronter un moment décisif de la vie ou une activité à risque. 

En cas d’adultère, elle est la « seule » à être méchamment punie, dans la plupart des traditions.  Comme si l’on pouvait concevoir un délit d’adultère en mode solo.  Tacite qui parle des coutumes des germains dans son traité La Germanie indique que la peine est uniquement infligée à la femme en cas d’adultère.

Il dit : « Rasée, dépouillée de ses vêtements en présence des parents, la femme est chassée de la maison par le mari, qui la poursuit dans toute la bourgade à coups de fouet. Ni sa beauté ni son âge ni sa richesse ne permettront à cette femme de retrouver un mari ».

La femme africaine
Les femmes de l’armée au défilé du 5 mars 2020 à Lubumbashi, place de la Poste. Photo Didier Makal.

Certaines attitudes sont appelées à changer au sein de nos sociétés africaines. Entre autres : Réduire (condamner) certaines femmes à l’analphabétisme, tenter de privilégier les études pour les garçons, ou le fait que les hommes choisissent des femmes illettrées pour s’assurer leur soumission en tout. Toutes ces conduites sont un crime et doivent être réprimées. 

La condition de certaines femmes (matrones) est de loin inférieure à celle de leurs femmes de ménage. La femme doit « se tenir debout et brandir » son droit en société. Ce n’est pas à la société l’idée de lui rendre pleinement la dignité. Sa dignité, comme femme, doit provenir d’elle-même. Elle doit militer plus sur le droit de la différence et le respect de sa dignité. Pour donc avoir ce respect dans une société, elle doit commencer par se le donner elle-même…

Pour paraphraser Salluste, la femme doit travailler de toutes ses forces à ne point passer sa vie dans un obscur silence, comme font les animaux que la nature à pencher vers la terre et a asservis à leur estomac. Différente d’eux, la femme peut prendre la position debout afin de « cueillir, dès aujourd’hui, les meilleurs fruits de la vie » (Lucrèce). Debout, elle est appelée à s’affirmer dans la société et à brandir ses droits de femme. Car, « elle est de la Génération Égalité »

Respecter la vie, lutter pour la vie

La femme est et sera toujours « l’âme de la société », car elle transmet la vie. Elle joue le rôle de « mère génitrice », détentrice du secret de fécondité de la terre. Certains peuples, vont jusqu’à la considérer comme une « délégation divine » : celle qui détient le secret de la vie et de la mort.

Lire | La dynamique nationale de femmes candidates arrive au Haut-Katanga

La femme en donnant (transmettant) la vie, représente une place imposante dans la société. Ne pas respecter une femme, l’opprimer dans certains domaines de la vie en société, est une réalité inhumaine et cruelle à décourager. La femme en Afrique est épouse et mère, et est estimée en fonction de ses maternités.

Dans cette lutte, la femme ne doit point perdre de vue sur son rôle (naturel) ultime en ce monde : donner, respecter et faire respecter la vie. En donnant et en luttant pour la vie, l’on se rend compte que le rôle de la femme est d’abord « maternel », non au sens d’une génitalité incontrôlée, mais au sens où elle donne vie et veille à la sauvegarder.

Certaines femmes se donnent le luxe de mettre au monde de manière irresponsable et inhumaine. En cela, il appert un non-respect à la vie qu’elles donnent. Certains enfants, fruit de cette maternité incontrôlée et irresponsable se voient délaisser, abandonner sur la rue et à leur triste sort. 

De la maternité contrôlée

Pourquoi mettre au monde de manière irresponsable ? Pourquoi ne pas, sérieusement, planifier les naissances afin de respecter et de faire respecter la vie ? La femme africaine doit se tenir finalement debout et mettre fin à ces attitudes inhumaines, afin qu’elle soit cette « âme » dont les sociétés africaines ont éperdument besoin, un « atout » dans le développement africain. 

In fine, la femme est celle qui donne vie et lutte pour que cette vie puisse s’accomplir et se réaliser en plénitude. La femme peut bien être une actrice, aux côtés de l’homme, du développement intégral de l’humanité africaine. La femme africaine peut (doit), finalement, se tenir debout et contribuer au changement de la face de terre africaine.

La femme peut contribuer à la réparation de notre Afrique en panne. Que « sa journée » célébrée, annuellement, soit une remise en cause de son double rôle (naturel : génitrice et mère ; social : éducatrice) dans la société.

Que cet appel ne soit lettre morte…

Jean-Luc MULYANGA

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