Lubumbashi : un café-genre pour renforcer la femme

In Congo profond

Pour la 2ème année consécutive, l’union Congolaise des femmes des médias (Ucofem) a organisé son café genre. Une activité destinée à renforcer la femme en ses capacités transformatrices de la société. C’était au bureau Wallonie-Bruxelles de Lubumbashi.

Devant une assistance mixte, des femmes de domaines différents ont partagé des histoires de leurs luttes. De la politique à l’activisme civile, en passant par le travail des femmes dans les médias, elles ont parlé de leurs actions en 2019 et de leurs projets en 2020 dans ce café genre.

L’insécurité et les stéréotypes, préoccupations principales

Les intervenantes regrettent que 2019 ait aussi été une année où la femme a encore perdu du terrain. À la suite des élections de 2018 en RDC, les victoires féminines n’étaient pas significatives. À Lubumbashi, l’insécurité a largement ciblé la femme notamment par le viol, alors que dans les institutions publiques les nominations ne lui ont pas assez profité.

Le combat mené, malgré quelques légères avancées, s’achève sur une dose de regret. « L’on regrette notamment que les faiblesses soient ce qu’on voit en la femme en premier.

Elle est pourtant capable de beaucoup de choses si seulement on pouvait la laisser le prouver », croit Brigitte Pande, responsable de la dynamique des femmes candidates. Elle croit d’ailleurs que la femme est meilleure que l’homme en gestion.

Par ailleurs, constatent les panelistes, les structures politiques qui alignent les candidats à différents postes électifs ou nominatifs, sont défavorables à la femme. « Les partis ne forment pas leurs membres femmes ni sur l’esprit des lois, ni sur la lutte politique ». Elles ne sont donc pas préparées à devenir autre chose que simplement femme et sympathisantes.

« Nous, les femmes, nous sommes aussi coupables »

Pourtant, il y a de quoi se remettre en question. Denise Maheho, de l’Ucofem, rappelle que l’éducation faite à la femme depuis la famille est un handicap à son progrès social.

« Surtout lorsque les parents éduquent les enfants selon qu’ils sont filles ou garçons ». Or, c’est la femme,le plus, qui s’occupe de l’éducation dans la famille africaine. « Nous devons repenser le mode d’éducation de nos enfants pour une réelle génération égalité », exhorte-elle.

La femme coupable, c’est aussi la conviction partagée par plusieurs participantes. Une d’elle constate que les femmes ne sont pas assez courageuses à se présenter à des postes importants.

Au cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, par exemple, 13 thématiques fonctionnent avec seulement 5 femmes responsables. Dans le Haut-Katanga, 5 femmes seulement sont cheffes de division sur les 47 divisions existantes. Dans la ville de Lubumbashi, une seule femme est responsable communale sur sept. C’est l’image, non seulement d’une femme écartée, mais aussi d’une femme qui ne se bat pas pour les questions importantes.

Mais l’autre défi, c’est la pauvreté. Comment imaginer une femme réussisse son combat à changer le monde le ventre creux ?

Brigitte Pande regrette que plusieurs femmes soient réduites à soutenir n’importe qui, non par conviction, mais pour avoir du pain pour leur famille. « Cela devrait changer au niveau de la femme elle-même », souhaite-elle, pour qu’elle devienne enfin la personne à soutenir.

Mais des acquis, il y en a

Des années après l’adoption de la résolution sur les droits des femmes, la lutte fait beaucoup de déçus même parmi les femmes militantes. Car, en effet, chaque jour ressemble à un recommencement. Il faut un 8 mars pour s’en souvenir et bien souvent sans référence réelle aux véritables droits.

On peut manger et boire, danser ou marcher, mais le sens de cette journée ne suit toujours pas.

Cependant, les femmes sont convaincus de quelques acquis à leur compte. C’est par exemple avoir obtenu une femme à la tête de l’assemblée nationale. De même que la conscientisation progressive des femmes et l’amélioration du taux d’accès à l’éducation de la jeune fille.

Fidèle Bwirhonde

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