En 2016, Amnesty International alertait sur l’implication des enfants dans la production du cobalt, en RDC, dans le Katanga. Dans un nouveau rapport, elle revient sur les sociétés qui ne s’assurent pas de vérification.
Les enfants travaillent encore dans les carrières minières, et le cobalt circule encore, produit en violation des droits des creuseurs. Le cobalt est utilisé dans la fabrication des batteries des téléphones mobiles. Mais aussi pour les voitures électroniques.
Beaucoup de constructeurs d’appareil électroniques ne demanderaient même pas d’où provient le cobalt qu’ils utilisent. Seule « une poignée d’entreprises ont réalisé des progrès ». C’est le cas d’Appel qui passe pour l’exemple de bonne volonté. En début de l’année 2017, elle a publié la liste de ses fournisseurs en cobalt. Elle travaille aussi avec Huayou cobalt pour desceller la présence des enfants dans les mines de Cobalt. Il s’agit d’une société chinoise devenue presqu’incontournable dans le commerce de ce minerai dans le monde.
Samsung s’est montrée aussi volontariste en indiquant les fonderies qui transforment ses produits. « Des signes encourageants », il y en a eu aussi de la part de Dell et HP.
D’autres sociétés de l’électronique, en revanche, « n’ont toujours pas pris les mesures les plus élémentaires, telles qu’une enquête sur les filières d’approvisionnement en RDC. »
Pourtant, indique Amnesty International, les filières de transformation de cobalt ont un « devoir de vigilance ». C’est une question de vérification de l’origine des minerais qu’ils achètent. C’est de (se) rassurer aussi qu’en amont, les minerais achetés n’ont pas été couverts d’atteintes aux droits humains lors de leur production. « Aucune des entreprises citées dans le rapport n’a pris des mesures suffisantes pour se conformer aux normes internationale », écrit Amnesty International.
Parmi les 26 sociétés listées, le géant Microsoft. Il n’indique pas ses fournisseurs, ceux qui fondent son cobalt ou le raffinent. C’est quand Lenovo est accusée carrément de « manque de transparence ».
Amnesty International estime que les entreprises ont la responsabilité d’empêcher la violation des droits de l’homme. Elles doivent, pour cela, « repérer » les pratiques liées à la production des minerais qu’elles utilisent.
L’entreprise chinoise Huayou Cobalt, aurait réalisé des progrès dans la transparence depuis le premier rapport d’Amnesty International en 2016. Mais des « lacunes » persistent, note le rapport. Pareil pour le gouvernement de la RDC qui a élaboré un plan visant à enrayer la présence des enfants dans les mines d’ici à 2015. Mais il reste sans plan calendrier précis ni plan de mise en œuvre.
La production de cobalt a grimpé les trois derniers mois en République démocratique du Congo. La demande est croissante. Le minerai alimente, malheureusement, d’après le rapport, « des chaînes d’approvisionnement de cobalt particulièrement obscures. » L’ONG dit avoir rassemblé des informations sur les méthodes de travail insupportables. « Des enfants et des adultes extraient le cobalt dans des tunnels étroits creusés manuellement ». En plus, ils « sont exposés au risque d’accidents mortels et de graves affections pulmonaires ».
Didier Makal