Fin des commissaires spéciaux : l’embarras de Jacques Kyabula

In Politique
Jacques Kyabula, Mazembe et Lupopo

Le gouverneur du Haut-Katanga entame des négociations avec des plates-formes politiques à Lubumbashi. Il consulte aussi les associations socio-culturelles en vue d’harmoniser les listes des ministres de son gouvernement. Les commissaires spéciaux devraient être remplacés.

Jacques Kyabula devrait remanier son gouvernement dans les prochains jours. Il doit répondre aux exigences du premier conseil des ministres nationaux. Tenu, il y a plus d’une semaine, ce conseil présidé par Félix Tshisekedi, avait prévu la suppression des postes de commissaires spéciaux. Des postes qui courants dans les gouvernements provinciaux depuis 2015.

Sempya et Lwanzo, les incontournables

Les enjeux d’un tel remaniement annoncé à Lubumbashi, s’annoncent importants. Surtout dans les provinces, le cas du Haut-Katanga, qui comptent des commissaires spéciaux.

Ils ont rang de ministres, même si devant les parlements provinciaux, ils n’engagent pas l’action publique. Autrement, c’est un arrangement officieux, interne aux provinces, que Kinshasa a décidé de stopper.

Pour les chefs des exécutifs provinciaux, le recours à ces postes permet de satisfaire des demandes toujours nombreuses. D’autant plus que cela permet d’équilibrer la représentativité des forces politiques et sociales dans les institutions provinciales.

Plus clairement : les partis et associations font nommer des candidats. De leur satisfaction ou non, dépend parfois l’entente entre ces forces.

Dans le Haut-Katanga, outre les partis politiques fortement représentés, le cas du PPRD, les associations socioculturelles pèsent. Le gouverneur Jacques Kyabula le sait.

Lorsque sont visés les postes des commissaires du gouvernement, cela s’entend pour plusieurs : la fin de la représentation des associations socio-culturelles dans l’exécutif provincial. Ce sont, principalement, Sempya et Luanzo, qui regroupent des communautés de la province.

Embarras pour les gouverneurs de provinces

La situation semble embarrassante pour le gouverneur. S’il est sûr qu’il va supprimer les postes exigés par le gouvernement central, le gouverneur a le devoir, du moins par souci de calme, de rassurer les communautés. Cela veut dire, expliquer ce que deviennent les personnes qui occupaient les fonctions de commissaires.

Ces postes étaient, depuis leur invention par Jean-Claude Kazembe, premier gouverneur élu du Haut-Katanga après le démembrement administratif du Katanga en 2015, une sorte de solution pour que « tout le monde se retrouve », explique un analyste.

Ainsi, par exemple, les militants de la coalition présidentielle Cach ont protesté parce que aucun des leurs n’a intégré le gouvernement du Haut-Katanga. Le gouverneur Kyabula a eu naturellement recours à cette formule. Un commissaire spécial. Puisque, en effet, la limite de postes ministériels de 10 pour les provinces, était atteinte.

Qui partira, qui ne partira pas?

La question, « qui partira » résonne plutôt comme un embarras pour les chefs des exécutifs provinciaux. L’avantage pour Kyabula, réside toutefois dans son encrage populaire. Il a le soutien des populations, et coopère bien avec les milieux associatifs, les communautés locales notamment.

Lire : Jacques Kyabula passionné par le Haut-Katanga profond

On l’a vu lancer la construction des routes à l’intérieur de la province. Il a aussi démarré la construction des maisons des chefs traditionnels.

Eric Cibamba

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