Motions de défiance contre des gouverneurs: une nouvelle ère?

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Les nouvelles assemblées provinciales, ainsi que d’ailleurs les gouvernements provinciaux qui en relèvent, n’ont à peine que 7 mois depuis leur installation. Et déjà, un gouverneur a perdu son poste, destitué par ses électeurs à Kamina. Les motions de défiance, en effet, se multiplient. Dans l’Ituri, une nouvelle vise le gouverneur Bamanisa. Et dans le Kasaï-Central, les élus viennent d’en “étouffer”.

Dans l’Ituri, Jean-Bamanisa pourrait perdre lui aussi son poste. Une de ces motions de défiance le vise, entre autres accusations, pour avoir vendu illégalement 12 lingots d’Or. La marchandise a été saisie par la justice militaire au profit de l’Etat congolais.

Montions de défiances, des gouverneurs tombent

Le député auteur de cette procédure lui reproche aussi le mauvais état des routes sur l’ensemble de la province. Ou encore l’outrage à l’assemblée provinciale qu’il ne respecterait pas. Il note en plus des menaces du gouverneur contre des députés provinciaux. Au total, 17 députés sur 41 ont signé la motion. Le gouverneur devrait s’expliquer devant l’assemblée le mercredi 20 novembre.

Par ailleurs, dans le Kasaï-Central, le gouverneur Martin Kabuya a échappé à une destitution, le 15 novembre 2019. 21 de 32 députés provinciaux présents dans la salle ont adopté une motion incidentielle. Elle a eu le pouvoir bloquer le débat sur la mise en accusation du gouverneur pour “mauvaise gestion”. Sans porter sur le fond des accusations portées contre le gouverneur, finalement le débat a tourné autour de la nationalité de l’auteur de la motion de défiance. Le député Zacharie Kayembe, détiendrait la nationalité canadienne.

Lire : Le gouverneur Marcel Lenge destitué à Kamina

Autrement dit, il ne devrait agir comme député, et naturellement, ne devrait aussi être député. Le président de l’assemblée provinciale n’a finalement dû que faire ce constat. Le refus de la majorité des élus de débattre du contenu de la motion de défiance.

Mais, dans le Haut-Lomami, le gouverneur Marcel Lenge n’a pas eu assez de soutien pour sauver son gouvernement le 8 novembre. Il a perdu plus de soutiens de députés après des violences, la veille du vote à l’assemble, visant des députés. Ceux-ci lui en avaient alors imputé la responsabilité, en plus de l’accusation de mauvaise gestion.

Nouvelles assemblées, et des vieilles recettes?

On se souvient, en outre, que le gouverneur du Kongo central ainsi que son gouverneur empêtrés dans une affaire d’accusation de viol, ont tous perdu leur poste.

C’est à se demander si le Congo fait face à un réveil des députés. La législature n’a pas encore une année, que l’on est donné à croire à une certaine sévérité des députés. Cependant, dans certaines des provinces, des voix se lèvent pour dénoncer des corruptions des élus.

Tantôt c’est pour soutenir le départ d’un gouverneur, et c’est le cas des débats qui ont suivi la destitution du gouverneur du Haut-Lomami. Tantôt, c’est pour soutenir un gouverneur qui risque de tomber. Et là, certains élus dénoncent la corruption de leurs collègues, comme dans le Kasaï-Central où les élus ont refusé de débattre sur les accusations.

Sous le président Kabila, des députés ont aussi destitué plusieurs gouverneurs. Certains ont été replacés par d’autres élus, visiblement moins efficaces que les précédents. Parfois, ces destitutions ont été présentées comme des complots en vue d’organiser des successions forcées au profit de certains caciques du régime.

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