Kolwezi, de KMT à Metalkol : quand la corruption frappe les petits

In Congo profond
Ordre des médecins, Kolwezi, Richard Muyej

A Kolwezi, dans le Lualaba, 16 personnes viennent de se déclarer victimes de corruption dans la chute de la société KMT en 2009. Deux ONG, dont une congolaise, ont identifié 32.000 potentiels victimes et 700 travailleurs qui ont perdu leurs emplois dans cette affaire de « corruption ».

Le groupe de victimes inclut des chefs traditionnels locaux, des représentants de communautés et d’anciens travailleurs de la mine de Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT), à Kolwezi. Ces personnes ont subi, d’après le rapporte d’une enquête menée durant une année, les effets de la fermeture de la société KMT devenue Metalkol, il y a environ 12 ans.

La chute de KMT et la naissance de Metalkol

Cette société britannique a été vendue par un proche du président Joseph Kabila, Dan Gertler, à la multinationale kazakhe Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC). La nouvelle société qui est née s’appelle Metalkol RTR.

En avril 2013, indique le rapport d’Afrewatch et Raid, le service britannique contre la fraude (SFO) a ouvert une enquête criminelle sur ENRC. Il faisait suite aux allégations de fraude, de pots-de-vin et de corruption impliquant des hauts responsables congolais et Dan Gertler. Mais ENRC nie tout acte répréhensible ou faute. Et se sentant visée, rapporte la même source, elle a intenté une action légale contre le SFO concernant son enquête en 2019.

Ce rapport parle de « stratagème de corruption » qui ont conduit à la chute de KMT. Ce stratagème impliquait, poursuit le document, « Dan Gertler, l’ancien président Joseph Kabila, le conseiller présidentiel Katumba Mwanke et un fonds d’investissement américain, Och-Ziff Capital Management Group (désormais appelé Sculptor Capital Management). »

Conséquence de la fermeture de KMT

Depuis, le SFO a enquêté sur une possible corruption ayant conduit au retrait de la licence par l’État congolais à KMT. Dossier que suit de près l’ONG de surveillance de la responsabilité des sociétés britanniques, RAID. Elle a bénéficié de l’appui de Afrewatch, une organisation congolaise spécialisée dans les ressources naturelles. Les deux ont interrogé 306 personnes durant un an, et ont consulté pour leur recherche, des documents liés au contrat minier de KMT.

Lire | Cuivre et cobalt ne profitent aux paysans à Kolwezi

La ferméture soudaine de cette société a privé pendant environ une décennie, indique le communiqué d’Afrewatch, ont été privées d’eau potable. Elles ont aussi fait face à « la pollution continue de l’air et de l’eau », à des maladies et au manque d’éducation.

Didier Makal

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