Fouiner 20 ans plus tôt, maintenant que Kamerhe en prend 20!

In Opinions
Vital Kamerhe

[Edito] 20 ans de travaux forcés pour Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Le verdict du tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe marquera longtemps l’histoire de la RDC. Mais pour qu’il reste autant historique, la justice ne saurait s’empêcher de fouiner dans les 20 dernières années.

Au procès de “100 jours” où le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi est apparu en “gros poisson” pour revaloriser la justice, de nombreux Congolais se sont accrochés comme à un derby de football. On croirait à un “DCMP vs Vita-Club” cher aux Kinois, ou un “Mazembe vs Lupopo” à Lubumbashi. Ce procès où le ministère public et la défense de Vital Kamerhe ont parfois brûlé des principes de courtoisie.

Vital Kamerhe condamné

Il fallait que vérité soit faite, dans l’affaire qui tenait tant de Congolais en haleine. L’affaire de disparition de près de 60 millions de dollars. C’est tant, dans ce pays qui compte parmi les 20 les plus corrompus d’après Transparency international, la population ne sait que trop qu’on vole ses richesses. Mais sans jamais voir défiler devant un tribunal, des vrais voleurs.

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Pour cela, le cas Kamerhe fera date. Qu’il soit réellement victime d’une cabale politique comme il le clame si fort, ou réellement coupable. Mais, sans fouiner dans le camp des puissants du régimes actuels (la majorité parlementaire), et sans regarder dans les institutions publiques, la justice congolaise n’aura pas écrit ses lettres de noblesses. Quand bien-même elle condamnerait à une peine de prison le président de la République lui-même.

Trop petit pour servir à blanchir la justice congolaise

Puisque, et c’est là que réside tout l’enjeu du réveil de la justice congolaise, jusqu’à seulement hier, tout le monde a vu des fonctionnaires de l’Etat arborer les drapeaux des partis politiques. Plutôt que de s’inscrire dans la droite ligne des services publics. Des révélations restent des malversations et de blanchiment de capitaux impliquant de hautes responsables de l’Etat restent lettres mortes.

Beaucoup d’autres affaires économiques et sécuritaires restent couverts par un épais silence. Panama papers, massacres de Beni, dans le Sud-Kivu, dans l’Ituri, dans le Kasaï… restent non élucidés. Si la justice congolaise veut gagner en estime, elle sait désormais vers quoi se tourner. Condamné, Kamerhe est trop petit pour suffire à blanchir la justice congolaise.

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