Félix Tshisekedi et l’obligation de rupture

In Opinions
État d'urgence, RDC

[Edito] Il ne pouvait en être autrement, pour Félix Tshisekedi, que d’être un président de rupture. En vain il aura voulu, en une année et demie de présidence, essayer de ménager les chèvres et les choux.

Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi vis constamment sous une double pression à laquelle il ne saurait se soustraire sans perdre la face.

Ils se battent au pouvoir comme avant janvier 2019

Pression d’un parti historique devenu en plus de trois décennie de lutte contre la dictature, a accédé au pouvoir en 2019.

Naturellement, à l’issue d’une présidentielle que beaucoup s’accordent à dire perdue et par le régime de son prédécesseur Joseph Kabila et par lui. Même si, finalement, le pouvoir se partage avec ce régime qu’il a combattu.

D’où la tendance naturelle pour les deux camps à continuer de se battre, tous au pouvoir, le même pouvoir. Comme s’ils étaient en fait que dans la situation avant les élections 2018.

Puisque les deux camps semblent finalement convaincus de ne pas pouvoir prouver amplement leur légitimité sans friction. Friction, en en effet, entre alliés du pouvoir. Le même pouvoir.

L’autre pression, c’est celle d’une population congolaise qui n’en peut plus d’attendre des changements.

Puisque le nouveau président, au nom d’un fragile équilibre du pouvoir de coalition, a promis de ne pas fouiller dans le passé de son allié que contrôle Joseph Kabila comme par le passé. Avec les mêmes méthodes de carottes et de bâton.

La base, la rue

En même temps, la base même du nouveau président attend des actes, la réalisation des promesses de changement. Quand, pour la plupart, s’impose l’évidence d’une coalition où le nouveau président perd chaque trimestre du terrain depuis l’alternance du pouvoir.

D’où la frustration qui, par une sorte de temps de grâce infini pour Félix Tshisekedi, tourne en défaveur du clan Kabila. Les violences de cette semaine l’illustrent bien.

Lire |Fouiner 20 ans plus tôt, maintenant que Kamerhe en prend 20!

Elles ont touché particulièrement les proches de l’ancien président, accusés de chercher à se protéger des possibles poursuites judiciaires alors que beaucoup aimeraient les voir répondre de leur gestion et des soupçons de corruption et de violences.

La rupture, Félix Tshisekedi pour défendre ses défenseurs?

En même temps, le clan Kabila semble ne vouloir plus d’arrêter, comme s’il poursuivait hâtivement un but. Un but que semblent rapidement anticiper ceux qui s’érigent en protecteurs de ce qu’il reste encore d’un Congo qu’ils aiment.

Félix Tshisekedi se trouve, une fois encore, gracieusement non mis en cause par la voix populaire. Pourtant, c’est son pouvoir qui se trouve sous une menace quasiment persistante. Faut-il qu’il se défense, qu’il défende en même temps ses anges gardiens ?

La voie de Salut du nouveau président semble tracée par la rue qui crie au changement. La rupture. Mais à quel prix?

CD

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