Céni RDC : Faire le bien ne se négocie pas

In Opinions
CENI-RDC: Enrôlement des électeurs

C’est indéniable. Il n’existe pas, ce n’est pas prétentieux de le dire, de dialogue possible pour faire le bien. Encore quand il s’agit de l’application des prescriptions légales, précisément ici, en parlant de la Céni.

Or en RDC, même pour appliquer les lois, y compris la Constitution qui est une volonté commune du vivre-ensemble, on s’habitue à négocier. Cette fois encore, alors qu’approche l’échéance électorale de 2023, la classe politique s’agite.

Habitude des réformes électorales factices

C’est bientôt une habitude : à chaque cycle électoral, ses propres tractations et crises politiques. Il faut une réforme des lois et instructions électorales.

Comme quoi, les Congolais, et puisqu’il s’agit bien sûr de leurs représentants les parlementaires, agissent sur le court terme. Ils adorent un éternel recommencement, et faire du sur-place.

Une nouvelle série de marches a eu lieu le 19 juillet, à Kinshasa et à Goma. Partout, les marcheurs, des associations citoyennes, exigent des réformes électorales. Préalables à toute désignation de nouveaux animateurs de la Céni.

Ronsard Malonda et la controverse

Cela ressemble près qu’à un acquis, après la position connue comme hostile du président Félix Tshisekedi. Il n’y aura pas de validation de la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la Céni.

Un choix d’une portion des confessions religieuses qui s’est révélé l’occasion d’une nouvelle crise politique et sociale. C’est tant les Congolais, les associations en réalité, passent très vite d’une question de transparence d’un processus électoral qui n’a même pas à proprement parler commencé, et qui divise et attise les velléités tribales et ethniques.

Dans la foulée, et la recette n’a rien d’une dernière innovation haut de game. Des parlementaires, dont certains connaissent bien les rouages et issues des dialogues en RDC, proposent que les Congolais se re-parlent.

Lire |Présidence de la CENI, les grandes manœuvres ont démarré en RDC

Quoi de plus normal, quand c’est pour le bien du vivre-ensemble. Or, ce vivre-ensemble, la Constitution l’a clairement défini. Et l’administration publique, qu’il s’agisse de la centrale électorale ou des services étatiques, reste le cadre de sa mise en oeuvre.

Appliquer la Loi, le devoir de la Céni

Cette administration, si elle a lieu, obligé chaque individu à assumer ses responsabilités et rendre ses devoirs.Une Céni organise les élections, en application strictes des lois, confiait samedi dans un débat sur la télévision Kyondo, de Lubumbashi, le chercheur en sciences politiques, Kyungu Shimbi.

Faire son devoir, c’est appliquer à la lettre la procédure prévue pour organiser les élections.

Il est vrai que des lois, taillée foncièrement sur mesure en faveur du régime sous lequel elles ont été votées, restent maladroites. Elles ne devraient garantir équité, stabilité et équilibre sociopolitique, si elles restent inchangées.

L’autre impondérable, c’est la confiance qui s’érode inéluctablement entre les partenaires gouvernementaux. C’est si bien que chaque camp redoute que les avantages contenus dans ces lois quasiment injustes profitent à l’autre.

Difficile d’avancer, tant personne ne veut rien lâcher. Dialoguer? Oui. C’est ce que reposent 12 parlementaires et une actrice de la société civile. Mais, quoi négocier (dialoguer) là que la Constitution fait obligation d’indépendance et d’équité à la Céni ?

On ne négocie pas pour faire le bien. On ne négocie pas pour appliquer la loi. S’il faut des réformes, elles s’imposent à tous, puisque la Loi fondamentale le veut, puisque des lois sectorielles énervent la loi mère.

Il faut certes des réformes électorales. Bravo les parlementaires. Mais il n’y a point besoin de dialoguer. Faites votre devoir. Car le risque, dans les dialogues où obligation est faite à faire le bien, c’est de trouver une ce ces ententes factices. Et qui arrangent plutôt les puissants, et foulent au pied le bien de tous, le bon sens, le vivre-ensemble.

DM

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