Lutte contre le paludisme en RDC: il faut plus que les moustiquaires imprégnées

In Congo profond
Choléra Lubumbashi

Le gouvernement de la RDC devrait diversifier et muscler sa lutte contre le paludisme. Le nombre de décès ne cesse de croître, après de nombreuses campagnes de distribution gratuite des moustiques imprégnées d’insecticide. Cela exige de nouvelles stratégies pour réduire la nuisance de la malaria dans le pays.

Selon Médecins Sans Frontières 13072 personnes sont mortes au paludisme sur un total de 21 millions de cas enregistrés dans le pays.

Cette année qui s’écoule, les prévisions indiquent une forte augmentation du nombre de décès liés au paludisme. C’est à se demander si dans ce contexte exécrable on peut amoindrir la lutte contre la malaria pour n’avoir que le focus sur la covid-19.

RDC, foyer d’incubation des moustiques

Ces chiffres de MSF inquiètent et exigent de nouvelles réponses contre la menace du paludisme qui semble se cristalliser.

Surtout que le rapport de cette structure sanitaire intervient après une série de distribution des moustiquaires à imprégnation durable dont inefficacité dans ce pays reste évidente pour des raisons tant individuelles que nationales.

Un habitat précaire et vague, des collections d’eau aux côtés d’herbes rebelles et presque omniprésentes. Des poubelles géantes qui débordent diffusant des odeurs nauséabondes.

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Pire encore on dort aux heures qui effleurent le minuit après une longue exposition aux piqûres de moustiques. devant son téléviseur à la maison ou sa bouteille dans un débit de boissons, très souvent à ciel ouvert. Puis après, on va se plonger dans sa moustiquaire déjà atteint de la malaria.

Une réponse combinée

Des campagnes de pulvérisation intra domiciliaire et des répulsifs topiques devraient donc être mises en marche pour éviter une lutte bancale contre le paludisme.

Ces méthodes chimiques combinées avec des moustiquaires imprégnées restent des moyens efficaces pour la réduction voire l’élimination totale des moustiques, vecteur de la malaria.

Mouillée de robe blanche, des mains gantées bleues, une chevelure postiche sous un foulard aux motifs léopard. Joël est une infirmière dans un centre sanitaire dans la périphérie de Lubumbashi. Tout en enchaînant des opérations de nettoyage dans les couloirs du centre, cette femme quadragénaire partage son témoignage ” _j’ai grandi dans le camps Gécamines à Kolwezi. Je voyais des brigades de santé venir chez nous pulvériser d’insecticides. Grâce à ça, on n’avait même pas besoin des moustiquaires, car ces produits éliminaient complètement les moustiques_ .

Plusieurs fois impliquée dans les campagnes de distribution des moustiquaires, mais lorsqu’on lui demande leur efficacité, Joël monte des sourcils en soulignant des limites. _On n’est pas partout avec sa moustiquaire, c’est-à-dire on reste suffisamment exposé aux piqûres des moustiques, surtout aux heures où ils sont le plus actifs._

Quittant les couloirs du centre, c’est un autre décors dans le bureau de docteur Serges. Ce scientifique ressortissant de l’Université de Lubumbashi, tout en agitant des doigts sur son ordinateur enseigne que _la pulvérisation d’insecticides élimine complètement les moustiques avant même ils ne piquent un être humain. Grâce à son effet rémanent, cette méthode chimique peut rester efficace entre 3 et 12 mois selon le type de produit utilisé_.

Sous d’autres cieux, cette politique couplée à l’assainissement de l’environnement a donné des résultats plus que satisfaisants. D’où l’importance de bien structurer les villes de la RDC afin , non seulement d’en avoir le contrôle, mais aussi de mettre sur pied des brigades pour la salubrité des centres urbains.

Par ailleurs, sur le plan des mesures individuelles, le docteur Serges conseille l’utilisation notamment des répulsifs topiques par application cutanée, le port des vêtements légers imprégnés et couvrants, en cas d’exposition aux piqûres de moustiques.

La RDC reste l’un des pays d’Afrique les plus touchés par le paludisme qui y constitue même le premier motif de mortalité et d’hospitalisation.

Willy Mbuyu

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