SCTP, RDC : une liesse malgré l’agonie

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Liesse à la Société Commerciale des Transports et ports, SCTP en RDC. Le président Félix Tshisekedi a ordonné la fermeture de tous les ports illégaux et clandestins. Une aubaine pour une société presqu’en agonie.

Mais aussi une mesure inutile pour le secteur du transport, considère Noël Tshiani, économiste international. Officiellement, la décision du président de la République vise à redynamiser la SCTP qui frôle la faillite.

Elle devrait donc reprendre son monopole dans l’exploitation des ports dans le bief maritime du pays. C’est selon l’ordonnance-loi n°71-307 du décembre 1971. Une politique salutaire du gouvernement, mais qui pourrait rester sans impact économique significatif.

Une logistique vétuste à la SCTP

En effet, en plus du manque à gagner que constituait la présence des ports illégaux en RDC, la SCTP est depuis un temps dans une situation précaire. Aux ports et gares la vétusté est criante.

Des vedettes, remorqueurs et bateaux y tournent poussivement. Des élévateurs, grues et wagons fragiles. Surtout que la plupart de ces engins dateraient de 1960, date de l’indépendance nationale.

Au port de Matadi par exemple, des grues de rivage sur le rail ne seraient pas opérationnelles. En même temps, d’autres engins de manutention affichent une sévère fragilité, obligeant des navires qui y accostent d’amener leurs propres grues, et autres engins de manutention.

Une image qui contraste avec celle d’il y a quelques années où la SCTP, alors ONATRA pouvait exploiter intensément 12 000 Km des voies fluviales. Ainsi que le réseau ferroviaire tout en exerçant pleinement les activités dans les grands ports du pays.

Les routes qui enfoncent la SCTP

L’autre problème de la SCTP est lié au transport par routes des produits pour des fins commerciales. Situation qui constitue une concurrence grave au transport par la voie ferrée qui ne représente actuellement que 2% des moyens utilisés, selon les sources officielles.

Dans le Sud-Est par exemple, les routes menant à la Zambie ont constitué la principale voie de sortie des produits miniers aux dépens des transports par le rail, et par les voies fluviales.

Selon un rapport de Global Witness, les camions transportant les produits miniers peuvent payer jusqu’à 3000, voire 5000 dollars Américains pour passer le poste frontalier du côté de Kasumbalesa. Symbole de la faible exploitation de la SCTP dans le secteur routier et ferroviaire.

Aussi à Matadi des tonnes de marchandises choisiraient la route pour rallier Kinshasa. Acte qui constitue également un manque à gagner pour une société qui n’a que 5 locomotives. Dont 3 seraient opérationnelles.

Une politique à la hauteur des attentes

En plus de la mesure de fermer les ports illégaux et clandestins en RDC, Le gouvernement devrait en parallèle mettre d’abord sur pied une politique à la hauteur de vrais problèmes qui gangrènent la SCTP.

C’est notamment réhabiliter les ports existants ou peut-être construire d’autres, ou encore reprendre ceux des particuliers au lieu de les fermer complètement.

Ensuite construire des routes pour asservir ces ports lorsqu’on sait qu’il y en a en RDC qui restent sous-exploités. C’est le cas des ports fluviaux auxquels l’accès est difficile faute des routes.

Enfin permettre à la société Commerciale des transports et ports d’intégrer le transport par la route. Une mesure qui permettra à l’État de capter le flux financier qui lui échappe dans ce secteur.

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