Débâcle du FCC : Mwilanya tiendra-t-il sur le flot?

In Politique

C’est une deuxième débâcle, celle du FCC de Joseph Kabila, après la présidentielle de 2018. Le jeudi 10 décembre 2020, au cours d’une procédure de destitution, le bureau de l’Assemblée nationale pro Kabila est tombé. Des membres du “Front” ne cachent plus leur exacerbation contre la direction tenue par Néhémie Mwilanya.

Les résultats du vote pour ou contre la démission du bureau de l’Assemblée nationale restent éloquents. 281/485 députés présents à la plénière de jeudi ont destitué Jeanine Mabuna du perchoir de l’assemblée nationale. Mwilanya, le chef d’orchestre FCC, sera-t-il à l’aise?

Un score qui déçoit et brouille les cartes

Dans une assemblée acquise au FCC, le Front commun pour le Congo de l’ancien président Joseph Kabila, ce score déçoit.

Lire | Chute du bureau Mabunda: les réactions des Congolais

Il y a une semaine, en effet, dans une épreuve de démonstration de force, cette plateforme revendiquait une majorité physique. Pour dire réelle, forte de plus de 300 élus.

Bien plus, alors que le président Félix Tshisekedi a annoncé la rupture avec ce camp, pourtant allié, cette débâcle se charge de signalisations. Lourdes de conséquences.

Puisqu’alors que le président Tshisekedi ne veut plus de la coalition FCC-CACH qui selon lui a lamentablement échoué, en parlant du gouvernement, le vote de jeudi montre que des députés du “Front” n’ont pas voté pour leur camp.

Ce non respect de consigne ou mot d’ordre du FCC augure, pour plusieurs commentateurs de la politique congolaise, une possibilité de changement de majorité.

Mwilanya, chef des troupes

Or, cette éventualité voudrait dire, pour plusieurs au FCC, le début de la fin de la plateforme. Celle-ci, en effet, née des élections législatives de 2018, apparaît comme un agrégat de nombreux partis politiques parfois aux visons politiques parfois divergentes.

Maintenir une majorité au sein de laquelle chacun trouverait son compte semble avoir été le moteur de l’Union. L’hypothèse d’une fin de majorité qui vaut encore à ce jour des portefeuilles au sein du gouvernement, traduirait ainsi la fin d’une coalition.

Ceci tendrait alors à dire que Joseph Kabila ne pourrait plus compter que sur un petit cercle des fidèles parmi les fidèles. Et en cela, ses lieutenants, Mwilanya en tête, en sont comptables.

Il faudrait, par ailleurs, encore du temps pour voir, à l’épreuve d’un possible passage à l’opposition, qui tiendrait longtemps dans cette fidélité.

Démission du bureau du Front commun pour le Congo

Néanmoins, puisque cela n’est pas encore arrivé, il faut compter avec l’indignation qui semble monter. Ancien président des jeunes du PPRD de Joseph Kabila, Patrick Nkanga demande des réformes profondes au sein du FCC et de son parti.

De Goma où il se trouve, l’ancien député Yves Kisombe se veut sans ambiguïté sur le vote contre le bureau de l’Assemblée nationale. « Il nous faut, nous @FCC_RDC en tirer les enseignements et les conséquences, en commençant par la démission du Coordonnateur. »

Sur les réseaux sociaux, le journaliste Bujakera l’indique lui aussi, de plus en plus de cadres du FCC demandent la démission du bureau de l’ plateforme.

CD

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