Vaccin Coronavirus, RDC : scepticisme et communication chaotique

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Le coronavirus

Le 10 mars 2020, la RDC devenait le 11e pays africain touché par le coronavirus. Un an plus tard, la pandémie a couvert tous les continents faisant des millions de victimes. Et la perspective d’un vaccin suscite discorde et rumeurs sur fond d’une communication chaotique.

Selon les experts, le vaccin est en effet la meilleure solution. Mais peut-être pas définitive contre le coronavirus. Pourtant l’invitation à se faire vacciner divise notamment en RDC. Pays où tout le monde croit savoir ce qui se trame. Et surtout où, dans ce cas, grouillent de nombreuses théories conspirationnistes. Pour beaucoup, c’est une question qui violerait les libertés individuelles pour autant que la vaccination soit rendue obligatoire. De l’autre coté, c’est une question de vie ou de mort. Et le plus surprenant dans tout ça, c’est qu’aucune décision de vacciner tout le monde n’a été prise.

Des signes avant-coureurs d’un vaccin mal-aimé RDC

La méfiance actuelle aurait pu pourtant être évitée, notamment en RDC. Si les dirigeants avaient pris soin de préparer les populations. La communication chaotique et les mesures contradictoires et impopulaires des autorités se sont multipliées. Elles n’ont alors que renforcé le doute et le scepticisme.

Par exemple, difficile de comprendre que les écoles aient fermé des semaines durant, sur ordre du gouvernement. Et en même temps, les grands marchés ont continué de fonctionner, sans précautions sérieuses. Et qu’au même moment des rencontres gouvernementales n’ont rien changé. Parfois, visiblement au mépris des mesures barrières qu’ont édictées les mêmes autorités.

Lire | Le Coronavirus rappelle qu’il n’a pas disparu en RDC

Parlant de la communication. D’abord à l’apparition de la maladie. Les autorités politico-administratives et sanitaires ont tellement tâtonné que même deux ans après, plusieurs Congolais pensent encore que le corona virus n’est qu’un montage. Puis le 25 février dernier, peu avant même l’annonce de la vaccination au pays. La rumeur l’a emporté sur l’officiel, et la débandade a gagné des villes où les élèves ont vidé les écoles pour se sauver.

C’est dans ce chaos qu’ont atterri les 1,7 million de doses de vaccin commandées par la RDC où officiellement, au 15 mars 2021, moins de 3 500 patients étaient sous soins. Des statistiques aussi douteuses que le bienfait incompris du vaccin lui-même.

La RDC vaccinera, peut-être ou pas

Et quelques jours ont suffi. La RDC ne savait plus si elle devait ou pas vacciner ses citoyens parce que l’occident venait d’annoncer des soupçons des troubles liés à l’un des vaccins. Le même vaccin, AstraZeneca, acquis par Kinshasa. Par prudence mais contre l’avis de l’OMS, le pays a aussi suspendu sa vaccination avant même de l’entamer, sans rien expliquer au peuple.

Finalement, même le gouvernement ne sait pas dire avec certitude s’il y aura vaccination ou pas et quand. C’est du « probablement ». Alors qu’au lendemain de l’annonce de la suspension du processus de vaccination, le ministre congolais de la santé se pressait à annoncer l’espoir.

« Le vaccin peut continuer à être administré en attendant les résultats de l’investigation»  rassurait Eteni Longondo. Au même moment, plus aucune date donnée pour cette vaccination prévue au départ au 15 mars 2021 à Kinshasa.

De l’autre coté, c’est le président du Sénat, Bahati Lukwebo, qui pense que le gouvernement devrait encore réfléchir sur le meilleur vaccin à proposer aux Congolais. « Pour venir à bout de la pandémie du coronavirus, j’exhorte le gouvernement à intensifier les recherches pour identifier le meilleur vaccin contre cette pandémie de la covid19 », a déclaré le sénateur à l’ouverture de la session de mars 2021.

Personne ne contrôle réellement la situation

Les contradictions autour des bienfaits de la vaccination font plus de peur que d’espoir, principalement dans les pays africains. Ici la population se convainc majoritairement d’une possibilité d’envoyer sur le continent des vaccins trafiqués avec des effets dans le futur.

Aussi est-il que rien, ni de l’OMS ni de l’industrie pharmaceutique, ne rassure quant à l’après vaccination. Car, malgré elle, toutes les mesures actuelles ne devraient pas s’arrêter. Et pour renforcer le doute, l’OMS déclare clairement ceci: « Étant donné que les vaccins anti-COVID-19 n’ont été mis au point qu’au cours des derniers mois, il est trop tôt pour déterminer la durée de la protection qu’ils confèrent »

L’organisation se contente de dire que les bienfaits du vaccin l’emportent sur ses effets secondaires. Mais ajoute aussi que « L’immunité acquise grâce à la vaccination réduit le risque de développer la maladie et ses conséquences », mais ne dit pas que le vaccin protège de tout risque.

Au finish, personne ne sait qui ment ou se trompe quant au réel impact de la vaccination. Une opération qui n’a pas démarré, mais nage entre politique, soupçons de business et salut incertain de l’humanité.

Fidèle Bwirhonde

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