Kisangani : les raisons de la bagarre entre députés

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Kisangani, Tshopo

De la violence pure. Des députés qui en viennent aux mains. Puis, alors qu’on aurait cru à un incident passager, l’excuse ne tient plus cette fois. Ils récidivent. En cause : une affaire de procédures électorales irrégulières impliquant bureaux sortant en transitoire de l’Assemblée provinciale de Tshopo.

Le 29 juin 2022, alors qu’une remise et reprise devait avoir lieu entre bureau d’âge et bureau sortant de l’assemblée de la province de Tshopo, des élus ont, une nouvelle fois, cassé des meubles à Kisangani. 

Cette fois, la violence se confirme. Beaucoup se demandent alors ce qui se passe entre députés. Congo Durable a contacté des sources sur place à Kisangani pour en savoir plus sur les différends.

D’après le site RFM TV, les deux bureaux ont convoqué deux plénières différentes, avec la même composition des élus. À l’ordre du jour figurait la clôture de la session parlementaire de mars, prévue le 30 juin, selon la loi. Comme cette date est fériée, le jour de l’indépendance de la RDC, la cérémonie a donc été avancée.

Le bureau d’âge, contre le bureau de l’Assemblée de Kisangani déchu 

Le bureau d’âge a donc siégé. Et, au même moment, l’ancien bureau visé par une procédure de destitution entre lui aussi. Son président Gilbert Bokungu et son adjoint entrent. C’est alors que des esprits s’échauffent. Les entrants sont bousculés. 

Une séquence de vidéos publiées à ce deuxième round de violences, montre des personnes jeter à terre des sièges des membres du bureau. Désormais, deux camps sont rangés : l’un pour le bureau d’âge qui prépare l’élection d’un nouveau. Et, l’autre rival, en appui du bureau en cours de destitution.

Le directeur administratif de l’assemblée de Tshopo et son rôle 

La veille le bureau sortant a convoqué, à la surprise de plusieurs, la plénière de ce mercredi. Le 25 juin, le directeur administratif de l’assemblée provinciale de Tshopo a convoqué une plénière. Celle-ci a examiné la lettre de retrait de confiance signée par 15 députés. Le directeur administratif Joseph Komboni a ainsi procédé à l’installation du bureau d’âge. 

C’est-à-dire, un bureau présidé par le doyen des députés, le plus âgé, et le moins âgé des tous. Jean-Pierre Litema a donc été installé président de cette équipe transitoire, conformément à la loi. Il est assisté de Jacques Mandiongwe et de Léonie Mwamini.

Le directeur administratif n’a pas attendu le retour  du président, de Kinshasa, visé par une procédure de remplacement. Il estime, pour sa part, que le directeur administratif ne peut pas engager une telle procédure étant donné qu’il est, selon lui, suspendu depuis plus d’un mois maintenant.

Bien plus, il aurait selon lui, falsifié le sceau du bureau de l’Assemblée provinciale pour sceller ce qu’il qualifie de chiffon. Et d’ajouter qu’un des signataires du document examiné n’a pas qualité de Député. Puisque son dossier est sous examen en justice. Il s’agit bien de celui qui a été désigné comme doyen d’âge.

Or, d’après une source indépendante à Kisangani, la personne désignée comme la plus âgée des députés ne le serait pas en réalité. Ce serait une autre qui, elle, n’a pas été désignée. Tout comme d’ailleurs, selon la même source, c’est le cas de celui censé être le plus jeune des députés désignés.

Ce qui est reproché à Gilbert Bokungu

D’après Jedidiah Mabela, militant de la Lucha et blogueur, le groupe de députés dressé contre Gilbert Bokungu lui reproche l’amateurisme dans sa gestion. Surtout la gestion de contentieux électoral.  

Le cas le plus récent concerne l’élection du gouverneur de Tshopo. Les candidats étant arrivés ex aequo au premier tour, un second a été organisé.

Kisangani
Assemblée provinciale de Tshopo à Kisangani. Les élus en train de se bagarrer dehors. Capture d’écran.

Les députés mécontents accusent Bokungu d’avoir privé le député Litema  de son droit de  vote en faveur de son suppléant favorable au candidat désigné élu (KAPALATA pour ne pas le citer) après le vote égalitaire au second tour entre les deux candidats restés en lice. 

« Il a malheureusement récidivé, après le vote problématique sur la destitution du gouverneur Wale. Tantôt Wale était donné destitué, tantôt pas. Les députés ont voulu le faire payer pour cela. Malheureusement, ils n’ont pas respecté la procédure », explique Jedidia Mabela. 

Puisque d’abord, le directeur administratif de l’assemblée a été suspendu. Difficile de comprendre qu’il préside la plénière qui installe le bureau d’âge et déchoit le président de l’Assemblée en voyage à Kinshasa. En plus, celui-ci accuse le directeur administratif de falsifier le sceau qu’il a utilisé pour convoquer la plénière. 

« Pour ces raisons, Gilbert Bokungu se considère le président légalement établi de l’assemblée provinciale », explique la même source. D’où le bras de fer qui a produit la violence de ce mercredi, la deuxième dans l’espace d’une semaine.

Didier Makal

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