RDC-Elections : Les candidatures du Katanga peuvent-elles intimider Tshisekedi (Opinion)

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Identité Katangaise, Katanga awards

Dans presque un an, la RDC devrait aller aux élections. Et déjà, des candidatures se déclarent notamment à la présidence. Dans la région du Katanga, Moïse Katumbi et Jean-Claude Muyambo se sont clairement révelés. Or, il y a peu, c’était deux alliés déclarés du président Tshisekedi. Peuvent-ils alors lui faire peur ?

Félix Tshisekedi arrive au terme de son mandat, son premier comme président de la RDC. Son camp et lui balisent, tant bien que mal, le chemin vers un deuxième mandat. Mais pour cela, il faut gagner les prochaines élections. Une victoire que la région du Katanga ne semble pas prête à favoriser après l’annonce des candidature de deux de ses fils.

Le Katanga force le divorce

On croirait vivre une rupture. Et pour beaucoup, ça en est une. La déclaration de la candidature de Moïse Katumbi, en décembre 2022, était déjà un coup dur pour le camp Tshisekedi, quoi qu’on en dise. Mais ce n’était que le début. L’annonce de la candidature de Jean-Claude Muyambo a alors été celle de trop. Un coup de massue sur les plans de Félix Tshisekedi, puisqu’il y a là des collaborateurs qui viennent de lui tourner le dos. Et une région entière à perdre.

Les deux leaders politiques katangais quittent ainsi l’union sacrée de la nation, plateforme derrière Félix Tshisekedi. Mais en plus, ils bousculent les calculs du pouvoir qui pouvait compter sur eux pour mobiliser la région aux prochaines élections.

Et même si le président de la république n’en parle presque pas, son camp s’agite et veut déterrer de vieux cadavres tant contre Moïse Katumbi que contre Jean-Claude Muyambo. C’est bien parce que l’enjeu est important. Et les réseaux sociaux servent joyeusement de terrain pour les batailles entre les partisans des uns et des autres. Pourtant, personne n’a encore gagné, personne n’a encore perdu.

Le Katanga pressé, Tshisekedi chanceux

L’annonce de la candidature de Katumbi a été une bonne surprise, même dans son propre camp selon certaines indiscrétions. Celle de Muyambo tout autant. Cela donne matière à réflexion sur les stratégies politiques de ces deux personnalités politiques expérimentées. Ne sont-ils pas plutôt en train de donner plus de chance à Félix Tshisekedi qu’ils voudraient en même temps remplacer à la tête du pays ?

En plus, à la place de se serrer les coudes pour avancer ensemble pour leur Katanga, ils se présentent séparément devenant automatiquement opposés l’un à l’autre. Une aubaine notamment pour le camp au pouvoir. Ils devront s’affronter et ainsi diminuer leurs chances de l’emporter, tout en donnant plus à l’autre camp. La solidarité katangaise en question ?

L’histoire ne cesse de se répéter en Afrique : très peu de présidents en exercices perdent les élections s’ils postulent pour un nouveau mandat. Parce que c’est bien eux qui les organisent et ce n’est pas pour les perdre. C’est aussi surtout parce qu’ils contrôlent l’appareil électoral. Pourtant, plusieurs révélations démontrent qu’ils sont souvent battus mais rarement ils lâchent. La RDC pourrait-elle bientôt se compter parmi les exceptions ? C’est autant mieux !

Mais les candidatures déjà annoncées tant en secret que publiquement sont encore des simples bruits. En effet, tant qu’aucune candidature n’est encore enregistrée par la commission électorale, tout n’est discours politique. Et c’est peut-être ici que se joue la chance de Félix Tshisekedi. Les candidatures “pressées” lui donnent la possibilité de mieux organiser son camp et sa stratégie, connaissant quelle est la carrure de ses prochains adversaires. Même si lui-même n’est encore qu’un candidat potentiel.

Lire aussi : RDC: démission des ministres proches de Moïse Katumbi

Les candidats déclarés auraient pourtant pu attendre, se taire et nourrir le mystère pour compliquer les plans des adversaires. Mais hélas, tous semblent pressés. Ils savent peut-être à quoi ils jouent. C’est de la politique, après tout. Et ce n’est pas une science exacte. Mais la politique, ce sont aussi des calculs et des mesures. Par exemple, face à un candidat à sa propre succession, les chances sont moindres de gagner. C’est connu de tous. Alors, dans beaucoup de pays, il vaudrait mieux attendre son tour. C’est l’intelligence !

Et si c’était de la fantaisie ?

Mais sont-ils sérieux ? Les leaders déjà ou presque en position pour les élections sont nombreux. Et ils agitent la scène politique, eux-mêmes essuyant insultes et critiques des partisans du pouvoir qu’ils veulent pour l’éternité. Mais certaines déclarations de candidature pourraient être fantaisistes, peut-être stratégiques. Puisque se déclarer n’entraine aucune obligation à officialiser sa candidature. Ce serait l’autre façon de compliquer les calculs des uns et des autres pour se retracter en dernière minutes.

Mais quoi qu’ils en soit, la région du Katanga, dans sa configuration actuelle, ne pourrait donner la victoire à un fils d’une autre région, s’il y a un katangais candidat à la présidence. Sauf dans la mesure où l’adversaire du candidat katangais est porté par d’autres leaders katangais. Ou encore si le candidat katangais est un leader contesté.

Bref, peu importe l’analyse et son auteur, on est en Afrique et les élections connaissent encore d’énormes épreuves. Mais on conclura que Tshisekedi a beaucoup à tirer de l’annonce “précipitée” des candidatures de ses adversaires encore potentiels. Mais cela ne lui garantit aucunement la victoire mais seulement plus de chance. Peut-être il ne postulera même pas. Qui sait ! Il y a encore quelques mois pour que les cartes se mélangent et se jouent. Donc, d’autres réalités, même inattendues sont encore possibles, entre-temps.

Par Fidèle Bwirhonde

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