Santé: l’alimentation, un facteur déterminant chez la femme enceinte

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Photo UNICEF, Illustration

L’accouchement, un rêve pour toute femme aspirant à la maternité. Ce moment où l’on devient mère pour la première ou la énième fois est particulier. Mais plus d’une femme enceinte n’y survit pas, hélas ! Pourtant, indique l’UNFPA, « donner naissance ne doit pas être une question de vie ou de mort ».

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) note qu’environ 830 femmes meurent chaque jour dans le monde du fait de complications de grossesses ou à l’accouchement. Ces complications sont parfois liées à la malnutrition chez la femme enceinte. Fondée parfois sur des idées reçues et non prouvées, elle peut provoquer des complications de grossesse.

Témoignage : « J’ai échappé à la mort »

Jeanne (nom d’emprunt) parle de son expérience et des risques liés aux idées reçues sur l’alimentation de la femme enceinte. Cette primipare de 26 ans affirme avoir reçu plusieurs informations dans sa famille, auprès de ses amies et voisines sur ce qu’elle devrait manger ou pas. À son troisième jour après l’accouchement, elle se sentait affaiblie. Pas de lait maternel pour nourrir suffisamment son enfant, lui-même nait avec un faible poids. Il faut intervenir pour les sauver, elle et son bébé.

« Là, je peux parler et échanger avec vous. Mais j’étais tellement faible, j’ai échappé à la mort », s’exprime-t-elle pitoyeusemet. « J’avais toute une liste des choses que je ne mangeais plus. De la viande, du lait, les poissons et même certains légumes. Je n’avais même pas pensé à poser des questions à mon médecin. Et là, s’inquiète-elle, j’ai juste peur pour mon enfant qui n’est pas du tout en forme. »

Les idées reçues menacent la vie de la femme enceinte

Comme Jeanne, plusieurs femmes et hommes ignorent les conséquences d’une mauvaise alimentation sur la femme enceinte. Et même sur son futur enfant. Cette alimentation peut être de la malnutrition traduite en surnutrition ou en sous-nutrition.

Pour le cas sous étude, il s’agit de la sous-nutrition ou la sous-alimentation (appellation de l’OMS). Selon le Larousse, la sous-nutrition renvoie à une nutrition insuffisante.

Avec ou sans raison, plusieurs personnes respectent tant de tabous sur l’alimentation de la femme enceinte. Parmi les aliments interdits localement (nous sommes à Lubumbashi), l’on note le piment, le sel, l’huile, le sucre, le fromage, la viande de porc, la papaye, l’ananas, les patates douces, les haricots, les œufs, la viande boucanée, etc. À chaque interdit correspond une suite de raisons socio-culturelles et ne sont que des « idées reçues ».

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Pour la papaye par exemple, Cynthia Mutondo accuse ce fruit « d’être à la base des fausses couches » alors que pour le sel ou le sucre, Pamela évoque des problèmes d’hypertension et de diabète. Cédric Cimbundu, quant à lui, alerte sur la consommation du piment qui provoquerait « d’intenses douleurs lors de l’accouchement. »

Contre les idées reçues, un avis de spécialiste

Pour sa part, le docteur Claude Sambwa, médecin et formateur en nutrition et sécurité alimentaire, la femme enceinte doit être prudente. Elle « ne doit pas être sujette à des interdits alimentaires, tabous et coutumes. » Il est conseillé de « ne négliger aucun groupe alimentaire », dit-il. Il encourage par ailleurs une alimentation équilibrée.

Pendant la grossesse, il existe effectivement des aliments que la femme doit ou non manger. Ceci pour lui éviter des complications qui pourraient conduire à la mort ou à des maladies. C’est le cas des maladies cardiovasculaires (par exemple les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux, souvent en lien avec l’hypertension), certains cancers et le diabète. Une mauvaise alimentation et une mauvaise nutrition font partie des principaux facteurs de risque pour ces maladies à l’échelle mondiale.

La femme enceinte doit par exemple bannir tabac, de l’alcool et des plats fortement épicés, par exemple. Et c’est un conseil général, loin des idées reçues. Dans cette optique, le docteur Ami Abel, médecin généraliste, considère que si la femme prend de l’alcool « l’enfant peut développer le syndrome de l’alcoolisation fœtale avec toutes les manifestations comme les malformations qui peuvent conduire à la mort. »

Des conséquences sur le nouveau-né

Lorsqu’une mère est sous-alimentée durant la grossesse, son fœtus est aussi exposé. Au terme, l’enfant peut naître avec un faible poids (moins de 2500 grammes) et va alors moins résister aux maladies. C’est ce que affirme le Dr Ami Abel.

« Les enfants qui naissent avec un petit poids courent le risque de ne pas s’adapter à la vie extra utérine. Même des années après, cela pourra toujours avoir des répercutions ».

Par ailleurs, s’il est nécessaire qu’une femme enceinte mange, il est vital qu’elle mange bien. Elle doit éviter la surnutrition qui est un piège lorsqu’on veut fuir la sous-alimentation. Dans les deux cas, il y a danger. Une alimentation équilibrée est donc recommandée.

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Il est aussi recommandé de boire suffisamment d’eau, manger trois repas par jour plus un petit repas additionnel, manger différents types d’aliments locaux disponibles chaque jour (céréales, tubercules, fruits, légumes, viande, poissons…), etc.

Les jeunes mères (primipares) ont besoin de plus de nourriture, des soins supplémentaires et de plus de repos. Pour elles comme pour les autres, il faut limiter la quantité de café et de thé pendant la grossesse.

Quoi qu’il arrive, les recommandations et conseils médicaux sont l’ami qu’une femme enceinte devrait le plus écouter et suivre.

Par Gloria Mpanga

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