Sécurité renforcée le 11 juillet à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. L’armée et la police, qui assurent des patrouilles mixtes depuis des semaines, étaient plus visibles à des points sensibles de la capitale de l’ancien Katanga. C’était l’anniversaire de la sécession du Katanga.
Ce sont des patrouilles censées contribuer au retour de la tranquillité dans Lubumbashi et les environs, secoués par une criminalité persistante, des vols accompagnés de viols et tueries depuis pratiquement 2016.
Insécurité persistence à Lubumbashi
A la suite de la visite du président Félix Tshisekedi, alors que les habitants de Lubumbashi s’étaient levés pour dénoncer ces violences, le haut conseil de la défense avait décidé d’ainsi renforcer la sécurité.
Mais ce n’est pas ce qui explique la sécurité renforcée le 11 juillet. Il y a 59 ans Moïse Chombe, alors gouverneur de province, proclamait la République indépendante du Katanga. Il en devenait le président. La cession ainsi proclamée, 11 jours seulement après l’indépendance de l’ancien Congo belge, déclenchait des hostilités entre le Katanga et Kinshasa, resté la capitale de la RDC. Le président Kasa Vubu ainsi que son premier ministre Patrice Lumumba en avaient même appelé à l’ONU pour lutter contre la « rébellion » qui avait ainsi éclaté dans le Katanga. Elle dura une année avant d’en finir, au termes de négociations et combats sur le terrain.
Les may-may sur la sécession du Katanga
Les velléités indépendantistes demeurent dans l’ancien Katanga, malgré le temps passé. Le découpage territorial de 2015, censé faciliter une libre administration dans le cadre de la décentralisation, avait découpé l’ancien Katanga en 4 nouvelles provinces. Les anciens districts sont devenus ainsi des provinces.
Des revendications des indépendantistes circulent depuis la criminalité renforcée jusqu’à avril-mai 2019. Sur les réseaux sociaux, des tracts ont circulé annonçant parfois leur promesse de faire leur entrée dans Lubumbashi.
UJK, union de la jeunesse du #Katanga, appelle à l’implication du Président #Tshisekedi pour libérer son president Mwenz, arrêté samedi par l’ANR et conduit à #Kinshasa. Elle estime que cette arrestation vise à la taire, puisqu’elle réclame des comptes sur les mines. #RDC
— Didier Mukaleng M. (@MUKALENGM) 18 juin 2019
Mi-juin 2019, les services de sécurité ont arrêté, d’après l’Union de la jeunesse du Katanga, le président de la jeunesse. L’UJK pense qu’il lui est reproché d’être de mèche avec les indépendantistes Kata-Katanga.
Depuis les incursions spectaculaires Bakata Katanga de 2008 et 2011 notamment, la sécurité est chaque année renforcée autour du 11 juillet. Le pouvoir de Joseph Kabila n’a pas réussi de démanteler la milice May-May. Elle s’est installée dans le Nord de l’ancien Katanga, et parfois est située jusqu’à près de Lubumbashi.
Cette milice, née en tant que mouvement d’auto-défense populaire pour contrer l’avancée d’anciens alliés de Laurent-Désiré Kabila, avait été armée par ce dernier.












