Le Président Français, Emmanuel Macron est arrivé à Kinshasa ce 4 mars pour une visite officielle. Sa présence, mal digérée par une frange des congolais, risque de blesser la relation Kinshasa-Paris. En effet, Macron s’est montré intraitable comme pour défendre son pays face aux critiques qu’il essuie.
Dans un langage presque arrogant, Macron s’est indirectement adressé au peuple congolais, avec des termes crus. Certains ont vu en lui un défenseur de Paul Kagame. De la situation sécuritaire en RDC à l’élection de Tshisekedi passant par la l’état politico-administratif du pays, le président français a tout touché devant la presse.
À Kinshasa, le président français a parlé tant librement qu’arrogamment du Congo aux Congolais. De la guerre à l’Est de la RDC, Emmanuel Macron affirme que ce n’est pas une affaire d’un seul pays. Selon lui, les groupes rebelles ne constituent « pas une agression de puissance extérieure. Ils sont soutenus par plusieurs puissances extérieures dans une logique de prédation. Mais ces groupes ont des ressortissants qui sont de votre pays [la RDC]», a lâché Macron.
Sans jeûne, Macron a enfilé ses gants et s’est adressé à son homologue congolais sur la situation politique de son propre pays. En donneur de leçon d’histoire, Macaron n’y est pas allé pas par quatre chemins.
« Depuis 1994, ce n’est pas de la faute de la France. Pardon de le dire dans tes termes aussi crus, lance Macron à Tshisekedi parlant des Congolais, vous n’avez pas été capables de restaurer votre souveraineté, ni militaire, ni sécuritaire, ni administrative. C’est une réalité, il ne faut pas chercher des coupables à l’extérieur de cette affaire ».
Macron estime que c’est cette situation qui a conduit à la guerre actuelle que subit la RDC faisant « des millions de morts qu’on ne doit pas oublier ».
Pour certains congolais, ce n’est qu’un rappel. Mais un manque de respect pour d’autres, envers le pouvoir de Tshisekedi. Macron a-t-il outrepassé les courtoisies diplomatiques ? De tous, la situation de la RDC est connue. Point n’était besoin de le rappeler et pas à cette occasion. Sauf si humilier son hôte, était son but.
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À la conférence de presse Tshisekedi-Macron, visiblement Macron a volontairement voulu étaler ses vérités devant les congolais qui ne voulaient pas de sa visite. D’ailleurs, il a a dit que le problème était d’abord interne. Les congolais sont donc responsables de la guerre qu’ils subissent ? Mais la France aussi est-elle responsable de l’état de la RDC ?
On peut tout dire, mais Macron a aussi dit des vérités, malgré son arrogance et son agressivité dans les mots. S’il en a profité pour disculper la France accusée de soutenir le Rwanda, il n’a tout de même pas réussi à supprimer les convictions de certains congolais.
Dans une autre prise de parole, Emmanuel Macron a sorti des propos inattendus, sortant son homologue de son calme. Comment Tshisekedi est-il arrivé au pouvoir ? Emmanuel Macron parle d’un « compromis à l’africaine ».
« La France a beaucoup œuvré, a dit Macron à Tshisekedi, pour qu’il y ait alternance [en RDC] qui n’aurait pas été, à ce moment là, un mécanisme spontané ». Cette déclaration française dit ce qu’elle veut dire et vient diviser davantage l’opinion congolaise déjà désaccordée sur la légitimité du pouvoir en place.
Félix Tshisekedi qui a réagi, tentant de recadrer son homologue français, reste cependant ferme quant à sa légitimité. Il a aussi rappelé que la relation voulue avec la France doit dépasser le paternalisme.
« Regardez-nous, a dit Tshisekedi, en nous respectant, en nous considérant comme de vrais partenaires et non pas toujours avec un regard paternalisme, avec l’idée de savoir toujours ce qu’il nous faut ».
La visite de Macron à Kinshasa devrait rester dans les débats des prochains jours. Entre polémiques, accords et desards, les pros et anti pouvoir en RDC vont s’y mettre à cœur joie.
Emmanuel Macron a tout de même appelé au respect du plan de paix à l’Est de la RDC. Et a également fait savoir que la RDC ne devrait être considérée comme « un butin de guerre ».
Par Fidèle Bwirhonde