CENCO ou Eglise mère contestée

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CENCO, dialogue

« Le pays va mal, le peuple doit se prendre en charge », c’est le message de l’église catholique dernièrement lancé par sa conférence épiscopale, CENCO. Message reçu! Est-ce un mot d’ordre? Pour le peuple, on s’apprête à faire la rue et tout ce qui s’en suit.

Depuis le décembre 2017, le mandat du chef de l’Etat Joseph Kabila a expiré. Il faut aller aux élections le plus vite. Mais malgré les dialogues et pourparlers, les choses ne semblent pas s’arranger. Et la CENCO qui pensait bien faire, en rapprochant opposition et pouvoir pour un dialogue de la dernière chance, s’est faite avoir. Elle jette l’éponge et appelle à la prise en charge citoyenne. En retard ou pas? En tout, il y a de la tension en l’air, contre l’Eglise et contre le pouvoir. Mais bon, l’Eglise s’est retirée, à vous de jouer. Changer les institutions? Le délai est dépassé, mais on peut encore sauver les meubles.

Voilà le risque quand on ne respecte pas les compromis. Je crois qu’il y avait un accord, celui de la St Sylvestre qui semblait plus rassembleur. Mais les parties ont été infidèles et aujourd’hui plus personne n’a raison. Tout le monde est coupable, surtout depuis la nomination de Tshibala à la primature, contre l’Accord.

La CENCO qui voulait apaiser a été accusée de complicité. Peut-elle encore laver son honneur ? Telle serait la démarche, pourtant. L’Eglise n’a pas à gagner, le pouvoir et l’opposition ont le gros de la responsabilité. Ils n’ont qu’à s’assumer. L’Eglise ses paroisses à travers le pays mais elle est restée pacificatrice. Faut-il la vilipender aujourd’hui ? Ce serait trop, mais à chacun sa vérité.

CENCO, toujours un médiateur incontournable?

Oui, c’est le cas de le dire. Elle ose et réussit là que nombreux s’échappent dans les critiques ou échouent. Elle rassemble ceux qui la louent ou l’insultent. L’Eglise ose tout! Mais a-t-elle vraiment réussi? Réponde qui pourra! Mais aujourd’hui, la misère du peuple frappe au cœur de L’Eglise qui, au-delà de la prière et de ses conseils, n’y peut rien changer. Presser, en vue de faire le bien et le juste, serait une grande contribution qu’elle puisse apporter au bien du peuple.

Se prendre en charge! Du déjà entendu depuis Laurent-Désiré Kabila. Mais le cri ne reçoit pas toujours bonne interprétation. Espérons l’Eglise en est consciente. Il semble qu’elle se ferait maintenant espionner même dans ses prêches. Elle aurait intérêt à bien choisir ses mots.

« Le Congo n’est pas un héritage qu’un père a laissé à ses enfants », le Cardinal Mosengo l’a dit. Trop fort pour ne pas choquer. Le prélat catholique garde son sang-froid et appelle à la vigilance. Le président Kabila a accusé les catholiques de vouloir créer un chaos après son rendez-vous de colère avec la hiérarchie de l’Eglise à Lubumbashi où Mgr Tafunga était empêché.

Qu’importe, l’église n’est plus une mère pour tous. Aux uns de la traiter de traître, aux autres de la juger politicienne. Le pouvoir comme l’opposition n’en veulent plus, ou presque. Et la population se divise. Mais pour les évêques, la mission continue. Même sans s’engager, elle est active.

Éric Cibamba

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