Le gouverneur Jean-Claude Kazembe revient à la tête du Haut-Katanga, province dont il a été déchu le 18 avril. C’est ce que dit l’arrêt de la Cour constitutionnelle rendu le 26 mai à Kinshasa. Monsieur Kazembe a dénoncé l’inconstitutionnalité de la motion de censure ayant conduit à sa chute.
#RDC : La Cour const juge « inconstitutionnelle » la déchéance de JC Kazembe au poste de #GouvKatanga et le réhabilite dans ses fonctions.
— Pascal Mulegwa (@pascal_mulegwa) 26 mai 2017
Un mois et huit jours après sa destitution, la Haute cour congolaise a rétabli Jean-Claude Kazembe. Le gouverneur déchu a estimé que la procédure n’a pas été respectée par les députés du Haut-Katanga.
Des erreurs dans la destitution de Jean-Claude Kazembe
Selon Thierry Mukelekele, proche du gouverneur Kazembe, « des erreurs de procédure » ont joué en sa faveur. Il estime que Jean-Claude Kazembe n’a jamais été visé par une motion d’information auparavant, pas non plus par une interpellation. Aussi, s’étonne-t-il, « l’assemblée a déclaré la Cour incompétente, une cour constitutionnelle ! » Et d’ajouter : « moi personnellement, j’attendais cette décision. »
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Jean-Claude Kazembe aurait aussi profité de l’argument de sa défense qu’il n’a pas eu le temps de se défendre. Sa destitution, en effet, a eu lieu en son absence. De cette manière, il ne pouvait se défendre a indiqué Thierry Mukelekele. Aussi, Invité par les députés pour s’expliquer, alors visé par une motion de censure, Kazembe s’était absenté pour un déplacement à Kinshasa.
Le gouverneur du Haut-Katanga a, par ailleurs, dénoncé la nomination d’un intérimaire par le ministre de l’intérieur.
Une crise en gestation entre gouvernorat et assemblée du Haut-Katanga
Jean-Claude Kazembe retourne à la tête d’une province où le parlement provincial lui a retiré sa confiance. La déchéance était votée à l’unanimité, en effet. Ce qui, de manière pratique, risque de voir démarrer désormais une crise entre les deux instances.
L’arrêt de la Cour humilie pratiquement l’assemblée du Haut-Katanga. Son image, désormais, est celle d’un organe législatif qui ne maîtrise pas de procédure de destitution de gouverneur. Une image pas facile à porter. C’est ce que dit pourtant la cour en jugeant « inconstitutionnelle » la motion de censure ayant conduit à la chute du gouverneur Kazembe.
Pour Abel Amundala de Vision nationale, membre du G7, cette destitution est révélatrice de « désordre » dans la gestion de la RDC. Il voit même « Joseph Kabila grand perdant qui devient de plus en plus impopulaire au Katanga. » L’opposant dit ne pas comprendre « que Kazembe déchu par les députés à travers une motion de censure soutenue par sa famille politique et qui du reste a même nommé un intérimaire », revienne au pouvoir après une bataille en solo à la Cour constitutionnelle.
Sur les réseaux sociaux, les critiques d’internautes sont nombreuses. Nono Nlandu y voit une assemblée sacrifiée.
La Mp sacrifie l’assemblée prov.du Katanga sur un autel pathétique. Kazembe revient aux affaires. La guerre de clans peut enfin recommencer
— Nono N’Landu (@nononlandu) 26 mai 2017
D’autres internautes évoquent un discrédit.
LE THEATRE DU CONGO KAZEMBE VIENT D’ETRE RETABLI DANS SES FONCTIONS PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE
La Cour… https://t.co/UTTuApSVB1
— JEANNOT DESIRE (@jeannottshikend) 26 mai 2017
@franck_ngonga @actualitecd C est très grave. …avec ce tango, le gouvernement Kazembe se discrédite davantage
— Marc MALONGO (@CafeMalongo) 26 mai 2017
Monsieur Kazembe était accusée de mauvaise gestion et d’attiser des conflits dans sa province.
CD











