RDC : Aussitôt publié, le calendrier électoral contesté

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C’est sans aucun doute, le ton avait déjà été annoncé la veille : le nouveau calendrier électoral pose problème en RDC. La présidentielle en décembre 2018, le 23, ne rassure pas du tout l’opposition.

La raison de ce doute qui relève plutôt de la méfiance des politiques, c’est la facilité à passer en 2019 pour les élections. La présidentielle vient de rater deux fois en RDC, depuis l’expiration du dernier mandat du président Joseph Kabila. Le nouveau calendrier électoral risque ainsi de renforcer la crise.

Une transition sans Joseph Kabila

Au pouvoir depuis 17 ans, le président Kabila n’a pas organisé les élections comme le prévoit la Constitution de la RDC. Pas non plus dans le délai prévu par l’accord du 31 décembre 2016, obtenu in extremis. Il était pourtant censé éviter le chaos dans le pays.

Pour l’opposition, le Rassemblement dirigé par Félix Tshisekedi, Kabila n’est pas fiable. Elle propose même une transition sans lui, par une personnalité neutre, qui ne prendrait pas aux élections.

Aussi tôt le calendrier électoral fini, avec la présidentielle en fin 2018, Félix Tshisekedi dit ne plus reconnaître la CENI. Pas non plus d’ailleurs le président Kabila. Il appelle les congolais à la désobéissance civile. Quatre heures plus tôt, il lançait, tranché :

« Peu importe la Ceni. Son calendrier sonnera le glas de ce régime malfaisant. Préparez-vs, congolais, l’heure est venue de chasser J. Kabila. »

Pour Claudel Lubaya, le peuple doit se prendre en charge, « la CENI s’est compromise », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le sort de l’Accord de la Saint Sylvestre

L’activiste des droits humains Jean-Claude Katende, est sceptique. « Les contraintes identifiées par la Ceni montrent qu’elle entend se dédouaner dans le cas où les délais seront pas tenus. Rien de sérieux » Bien plus, pour lui, la CENI viole l’Accord du 31 décembre. Il prévoit, en effet, la présidentielle avant la fin de 2017.

 

« De quel droit la Ceni peut violer l’accord du 31 décembre 2016 et prolonger le règne de Kabila pendant encore une année? », lance-t-il, sur Twitte.


Le sujet promet d’agiter la classe politique. Bien plus, ce calendrier électoral risque de subir le sort des 3 précédents que la CENI a relevés : rejetés par les politiques. L’Union africaine a, lors de l’entretenue entre Moussa Faki et Corneille Nangaa, appelé à un calendrier réaliste. La CENI croit que l’actuel l’est, en effet. Le pouvoir pourra s’aligner sur cette position. Mais ce sera loin d’arranger l’opposition qui, elle, a proposé la présidentielle à mi-2018, en priorité.

Didier Makal

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