La Commission électorale nationale indépendance (CENI) se trouve au cœur de la controverse entre pouvoir et opposition. C’est depuis la publication d’un nouveau calendrier électoral en RDC, le weekend dernier. Ce chronogramme aussitôt rejeté par l’opposition prévoit la présidentielle le 23 décembre 2018. Plusieurs l’auraient pourtant voulues à mi-parcours de l’année.
Le président de l’Institut de recherche en Droits Humains, l’avocat Hubert Tshiswaka pense que la CENI n’a pas joué le rôle d’arbitre dans la fixation de ce calendrier.
La CENI tâtonne
« La CENI a œuvré à tâtons. Elle est venue nous proposer un vote électronique, il y a eu protestations. Elle nous a proposé les 504 jours (avant pour organiser les élections), il y a eu des protestations. Il fallait qu’il ait al pression des Etats-Unis et de la Communauté internationale pour qu’elle vienne nous proposer un calendrier avec une année de plus. »
Suffisant pour Hubert Tshiswaka pour appeler la centrale électorale congolaise lui recommande plus de neutralité. « Que la CENI joue effectivement le rôle d’arbitre dans la compétition entre ceux qui ont le pouvoir et qui cherchent à le maintenir et ceux qui sont dans l’opposition et qui tiennent à obtenir ce pouvoir. »
Le calendrier électoral est « raisonnable » pour Jean-Luc Kayoko
Jean-Luc Kayongo est membre de la société civile du Haut-Katanga. Il œuvre dans le domaine de la décentralisation et la bonne gouvernance. Il n’apprécie pas les contestations désormais « sans cesse de l’opposition ».
Tout en considérant « raisonnable » le nouveau calendrier publié par la CENI, il décourage l’idée d’une présidentielle hâtive. « Les élections de 2011, on els a aussi organisées dans huit mois. Quelles ont été les conséquences ? On a eu deux présidents, il y a eu le sang des Congolais qui a coulé », rappelle-t-il.
Il rappelle que la RDC compte déjà plus de 6 millions de morts, victimes des guerres et instabilités politiques. « Des élections encore précipitées parce qu’un groupe de gens veulent accéder au pouvoir ou d’autres seules le maintenir ? », interroge-t-il. C’est avant de conclure : « nous devons aimer un peu ce pays ».
C’est donc parti pour un nouveau débat, aussi bien à Lubumbashi qu’à Kinshasa, qui polarise politique et leaders de la société civile. Des voix se lèvent, cependant, pour appeler à agir en faveur de la paix. C’est le cas de Félix Mbenga, président du Mouvement des jeunes pour la dignité et le développement (MJDD). Il insiste que tous s’impliquent dans le nouveau processus afin d’obtenir les élections à la date fixée, sans prolongation.
Didier Makal









