Du 7 octobre au 12 novembre 2017, la cinquième édition de la « biennale de Lubumbashi » a eu lieu au musée de la ville. De nombreux artistes y ont participé avec une large diversité d’œuvres, durant un peu plus d’un mois. Mais dans une ville où l’attrait des arts ne se défend pas, il y a de quoi s’interroger sur le bilan de événement.
« Eblouissement », le thème de la biennale de Lubumbashi en 2017. Ce fut une opportunité « pour la ville de briller pour elle-même, mais de briller aussi pour le monde ». Enthousiaste a été, en effet, Sorana Munsya, assistante du directeur artistique de la 5e édition de la Biennale.
« Briller », c’est dans le sens qu’elle (la ville) permet aux Lushois (habitants de Lubumbashi) de savoir qu’il y a quelque chose qui se fait dans leur ville. Avec un niveau international, avec une exigence, une envie de pouvoir atteindre l’excellence. C’est une occasion aussi de montrer aux gens du monde entier qu’ils peuvent venir dans cette ville et participer à cet élan artistique. Donc, poursuit Sorana Munsya, c’est un vrai échange ».
La biennale de Lubumbashi se dévoile
Les artistes ont ainsi trouvé un espace d’expression d’échanges, de rencontre. C’est ce que croit avoir fait la photographe kinoise (de Kinshasa), Gosette Lubondo. Elle a exposé ses réalisations aux mille couleurs. La photo, pour elle, doit dire des histoires que l’on pense ou rencontrées. « Dans mon travail, je questionne, je suis inspirée par les gens qui m’entourent, et beaucoup par la vie de chaque jour à Kinshasa. J’essaie de questionner les espaces et les gens qui y habitent, questionner la vie qui existait à cet endroit, mais aussi voir comment je peux redonner vie à cet endroit », explique-t-elle.
Le rêve, désormais, c’est d’impliquer plus de personnes, le public, les artistes, peut-être aussi les affaires. Déjà, le public répond de plus en plus grandement. La photographe kinoise salue l’appropriation de cette biennale par le public de Lubumbashi. « J’ai vu qu’il y avait toutes tendances confondues, notamment les élèves. Parce qu’il est important aussi d’éduquer à la culture dès le bas âge », explique-t-elle.
Et si on était artiste pour sa communauté ?
L’artiste, on l’est aussi pour soi-même, fait observer la photographe Gorette. D’autant plus que la course au gain pousse à travailler selon le goût des clients potentiels. Et moins alors, selon soi-même ou sa communauté. Elle trouve alors plusieurs artistes africains pris à ce piège. « Il est temps qu’on puisse se montrer tel que l’on est. Peut-être que si ça nous plait à nous-mêmes, ça va aussi plaire à d’autres », insiste-t-elle.
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La biennale qui ne durait que quelques jours, il y a 5 ans, s’étend désormais sur plus d’un mois. C’est pour constater, estiment les organisateurs, qu’elle grandit et s’ouvre au monde. Les artistes étrangers, Jean-Pierre Bekolo, Tracey Rose, Pascale Marthine Tayou et Carsten Holler, ont apporté des couleurs et visions nouvelles aux œuvres congolaises. « Il y a encore énormément des choses à faire au niveau de l’organisation, selon Sorana Munsya. Faire en sorte que les Lushois se sentent vraiment encore plus concernés. C’est un challenge qu’il faut avoir en tête chaque fois que, à chaque biennale », reconnait-elle.
Et ça, c’est déjà pour l’édition prochaine, et d’autres à venir.
Fidèle Bwirhonde et Costa Tshizam










