Profanation de tombes : les familles accusent les services fonciers à Lubumbashi

In Congo profond

Ce vendredi 2 juillet, des agents du cadastre et services fonciers de Lubumbashi ont fui leurs bureaux. Des familles en colère avaient promis de manifester, après le constat de profanation de tombes de leurs proches décédés. Le 1er août, plusieurs ont découvert que des bpersonnes avaient bâti des maisons à l’endroit où des morts ont été inhumés.

Vendredi matin, les agents des services fonciers ont déserté leurs bureaux pour se sécuriser, par peur de la colère populaire. Les nouvelles de profanation de tombes ont secoué, en effet, plusieurs familles. Ce qui a suscité des appels à manifester contre les services fonciers. Plusieurs leur reprochent d’avoir loti une partie du cimetière de Penga Penga, à l’Ouest du centre-ville de Lubumbashi.

Au cimetière Penga-penga de la cité Gécamines, il a été constaté la disparition de tombes rasées par des particuliers qui ont posé des maisons à la place. « Des croix arrachées, des os humains éparpillés et mélangés, et des tombes défoncées, c’est un manque de respect envers les morts. Pourtant, notre coutume condamne la profanation des tombes », se lamente un homme enragé pour n’avoir pas su retrouver la tombe de sa mère déjà détruite. C’est là le début du malaise qui a mobilisé les familles touchées.

Une journée tendue au cadastre

La tension était palpable nourrie d’une certaine peur ce matin dans tous les services cadastraux et fonciers de Lubumbashi. Les agents, tous dehors, craignaient pour leurs vies mais plus de peur que de mal. « Nous avons évacué les bureaux pour notre sécurité, car les familles en colère venaient avec l’intention d’incendier nos installations », explique un agent du cadastre rencontré dans la cour. Et d’ajouter, « heureusement la police a intercepté les manifestant qui venaient vers nous. On ne sait pas ce qui se serait produits s’ils arrivaient à nos bureaux ».

Mais reconnaissez-vous votre responsabilité dans cette affaire ? Un autre agent explique : « Il y a peut-être des collègues ou chefs impliqués, mais je ne peux le dire. En tout et pour tout, nous sommes innocents. Je sais quand même qu’un certain Tshimbalanga était cité comme vendeur des terrains dans ce cimetière mais je n’en sais pas plus ».

Selon une autre source, l’homme cité serait un ancien des services fonciers. Sur place, une altercation a même eu lieu entre agents s’accusant mutuellement d’avoir causé cette cacophonie par leurs pratiques peu professionnelles et leur cupidité. « Il aurait été mieux qu’on vous enferme pour vous livrer aux manifestants parce que c’est de votre faute », jetais un agent à son collègue.

Le maire de la ville face à ses responsabilités

Lubaba Buluma Ghislain, le maire, devant le cimetière Penga Penga était figé dans son véhicule, menacé par des personnes en colère. Il ne pouvait en descendre de peur qu’il soit lynché. « Descends monsieur le maire, descends et dis-nous c’est quoi l’importance d’un cimetière. Je suis enfant unique. J’ai enterré ma mère récemment par ici, mais sa tombe a disparu. A qui m’en prendre maintenant ? », l’a clairement interpelé une femme dans la foulée.

Dans leur colère, ces indignés ont crié au maire qu’ils n’iront plus dorénavant inhumer des proches dans des cimetières. « Désormais, nous enterrerons dans nos maisons s’il le faut. Nous payerons plus un rond si c’est pour des tombes sur lesquelles nous n’aurons pas de droit » s’écriait Tshuma Alexandre.

Aux dernières nouvelles, le maire de la ville de Lubumbashi aurait annoncé que des mesures seraient prises pour rétablir l’ordre. Mais pareilles menaces sont habituelles mais souvent sans effet.

Fidèle Bwirhonde

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