Attention aux fake news et manipulations autour des kidnappings à Lubumbashi. L’affaire fait grands bruits, et suscite des passions. Or, vous le savez bien : quand les passions jouent beaucoup, l’attention baisse. Et les fake news et manipulation peuvent fleurir et causer beaucoup de torts. Des fausses nouvelles circulent déjà autour des kidnappings d’enfants.
Au moins deux grandes fausses nouvelles circulent sur les kidnappings. D’abord, ce tract présenté comme une alerte des Nations-Unies (l’ONU). Le document, précédé d’un logo de l’ONU, annonce l’augmentation des cas de trafics d’organes au Moyen-Orient. Un rein humain, par exemple, se vendrait à 262.000 USD, indique le document. L’annonce finit par un appel à « partager pour sauver des vies ».
Un faux document de l’ONU
Sauf que, son style est loin de rejoindre les formules administratives typiques à l’ONU. Pas d’annonce du service onusien émetteur de ce message, pas de mention de l’autorité qui assume ce message. Après vérification, il s’avère que ce communiqué circule depuis février 2021 lorsque le service de vérification des faits de l’AFP l’a vérifié.
AFP a démontré que ce tract imite un document de l’ONU sur le crime. Bien plus, le communiqué imité n’a « aucun des éléments des publications virales partagées sur Facebook. »
D’autres éléments qui circulent, en relation avec ce tract, ce sont des propos sur le trafic d’organes. Un rapport de l’ONU qui date de 2020 indique plutôt que seule un petit nombre de victimes de la traite d’êtres humains a été victime de trafic d’organes. Le reste est plutôt concerné par l’esclavage sexuel au Moyen-Orient, et que sur le continent, c’est en Afrique du Nord qu’on trouve ces cas.
Des kidnappings aux enquêtes
En plus de ces éléments qui alerté plusieurs personnes, il faut noter un ensemble d’éléments plus ou moins flous et difficiles à démêler. C’est notamment l’accusation selon laquelle des travailleurs orientaux mangent de la chair humaine ou sont derrière les kidnappings.
Si ces soupçons peuvent intéresser la police, par exemple, ils ne reposent sur aucune preuve à ce jour défendable. Il n’est pas toutefois exclu qu’une telle accusation vienne aussi de ceux qui ont une dent contre des expatriés, surtout dans un contexte marqué par des dénonciations des maltraitances dans nationaux dans des entreprises des patrons orientaux dans la région du Katanga.










