Depuis deux mois, le président Felix Tshisekedi a nommé de nouveaux chefs de sociétés publiques, à la Gécamines et à la SNCC. Mais ses ordonnances souffrent d’exécution. Cette situation qui a révélé ce qu’il convient d’appeler « tension » entre lui et son allié Joseph Kabila va probablement enfin trouver son épilogue.
Les deux hommes continuent sans doute de se voir. Et ce, malgré des tensions dans leurs camps respectifs, y compris autour des nominations à la Gécamines et à la SNCC. Le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila est vainqueur des législatives. Le Cap pour le Changement (CACH) a gagné la présidentielle.
Mais, deux mois après les ordonnances présidentielles nommant des mandataires publics, peu de choses avancent. C’est le garde sceaux du gouvernement sortant qui semble porter la responsabilité du blocage des nominations des responsables nommés.
C’est notamment Albert Yumba, pourtant proche du président Kabila, qui a été nommé à la Gécamines (Générale des carrières et des mines). Il est pourtant au même poste, comme président du conseil d’administration, depuis plusieurs années. Ce qui semble déranger, c’est qu’il a désormais pour collaborateur un proche du président Tshisekedi : Sam Lukonde.
Lire : A Lubumbashi, l’UDPS s’en prend à son allié FCC
Tshisekedi maintient ses lieutenants
Son ancien collaborateur, Jacques Kamenga, est envoyé à la société des chemins de fer, la SNCC où Félix Tshisekedi a nommé Gabriel Kyungu et Fabien Mutomb, ses proches. Mais ils ne peuvent en fonction, voici deux mois, faute de décision administrative. Aussi, les ordonnances présidentielles ont été critiquées pour leur contreseing par le premier ministre sortant.
Au final, ces ordonnances jugées de nul effet, viennent pourtant de paraître dans le Journal officiel de la RDC. Un signal fort que le président de la Félix Tshisekedi maintient sa décision. Selon l’avocat Michel Kazadi, de Lubumbashi, « la publication des ordonnances présidentielles au journal officiel rend celles-ci opposables à tous. »
La publication de ces ordonnances vient mettre fin à tout discours sur le contresigne qui a créé les débats sur les rues de la RDC et surtout dans les médias.
La Gécamines, la MIBA, la SNCC et le pouvoir en RDC
Toutefois, pour des raisons administratives, les mandataires récemment nommés devront attendre encore. Probablement, ce sera jusqu’à l’investiture du nouveau gouvernement annoncé très prochainement.
La Gécamines ainsi que la société de Chemins de fer, SNCC, tout comme d’ailleurs d’autres sociétés publiques majeures comme la MIBA, sont symbole de pouvoir en RDC. Les présidents qui se sont succédés depuis l’indépendance, se sont souvent appuyées sur elles. Elles appuient, en réalité, largement l’économie du pays et finance les projets gouvernementaux en majeure partie.
Autrement dit, difficile de gouverner sans compter sur des personnes de confiance à la tête de ces entreprises du portefeuille.
Eric Cibamba










