Promesses de Félix Tshisekedi: la session parlementaire déterminante

In Politique
Félix Tshisekedi, l'état d'urgence

Le 16 septembre, le parlement congolais fait son retour. Jusqu’à mi-décembre, les élus vont voter le budget national pour l’année 2020. Très attendu, il devrait indiquer dans quelle mesure les promesses du président Félix Tshisekedi sont réalisables.

Sécurité, notamment dans l’Est et dans le centre de la RDC déchirés par les violences armées. Mais aussi, sur le plan social, électricité, eaux, emplois, … Félix Tshisekedi a besoin de plus de moyens pour tenir ces promesses.

Budget de 5 milliards USD aujourd’hui

Une des voies à portée de main, et non des moindres, consiste à lutter contre la corruption, la fraude et les détournements.

Il l’a plus d’une fois rappelé, le Congo perdrait trois fois plus son budget annuel actuel chiffré à environ 5 milliards de dollars. Le défi, c’est de pouvoir juguler les issues de ce mal que son prédécesseur, Joseph Kabila, n’a su endiguer.

Ses proches ont été impliqués ou cités dans de nombreux cas de malversations ou de fraude. Et cela a peut-être valeur de test, l’administration de Félix Tshisekedi vit ses premières controverses. Son cabinet fait face à une persistante accusation de détournement de 15 millions de dollars.

Il y a aussi de l’argent détourné, qui devait aller aux déplacés dans le Sud-Kivu. Ou encore, ce dossier de gestion des fonds de lutte contre Ebola qui vaut, depuis le week-end dernier, une garde à vue à l’ancien ministre de la santé Oly Ilunga.

Lutter contre la corruption: envoyer des signes forts

Si le président réussit à envoyer des signaux forts, dans ces affaires, il pourrait bien mobiliser des fonds qui soutiennent sa politique. A minima, il devrait pouvoir agir de façon à consacrer le gros du budget à des projets de développement.

Il faut surtout, en plus, considérer que sans majorité parlementaire, les préférences du président semblent fragiles. Voire, difficilement réalisables s’il ne sait pas renvoyer l’assesseur.

Le Front commun pour le Congo (FCC), son allié gouvernemental géré par Joseph Kabila, ne donnera pas carte blanche au président. Les deux, FCC et son Cach (Cap pour le changement), éprouvent d’ailleurs toujours beaucoup de mal à harmoniser accords entre leaders politiques, et voeux ou attentes des militants à la base.

En témoignent, les accrochages entre les militants de ces deux alliés devant l’assemblée nationale. C’était le jour de l’investiture du gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC. Les militants de deux cas s’étaient d’ailleurs déjà encore affrontés violemment à Lubumbashi et à Kinshasa.

Quel budget pour répondre aux attentes des populations et aux promesses du président?

La session parlementaire de septembre devrait ainsi apporter des réponses plus rassurantes pour plusieurs. Notamment pour ces nombreux militants qui attendent le « changement » promis, pour « la base » du président de la République. Mais aussi pour ceux du FCC qui, malgré l’alternance à la présidence, ont encore l’espoir de « gérer » la République. Et attendent ainsi, eux aussi, des opportunités. 

Tout cela, finalement, se ramène à une seule chose, que poursuit avant tout une session budgétaire. De l’argent public, plus rassurant qu’avant, pour rendre possible les promesses. Déjà, avant tout le monde : les enseignants du primaire attendent dès octobre, des salaires améliorés. 

D’autres fonctionnaires pourraient eux aussi déclencher des grèves. Plusieurs dès février 2019, alors que le nouveau président n’avait qu’une semaine ou deux au pouvoir, avaient même entamé des grèves.

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