Des ministres font tirer dessus. Il faut les fuir à leur passage. C’est le moins qu’on puisse recommander aux Congolais qui viennent, depuis le début de l’année 2019, d’assister à deux scènes hors pair.
A Kinshasa, un garde du corps du ministre de l’intérieur Dolly Makambo a tiré sur un médecin sur le lieu de son travail. Tragique issue d’un conflit foncier réglé selon la force, dans un pays censé pourtant inspirer un état (État) de droit.
Policiers, ça flingue, ça ne parlote pas
Seulement, voilà! Cette issue aurait pu être la fin d’un litige de propriété d’une parcelle disputée entre un médecin, la victime, et le ministre de l’intérieur. Si au moins il avait été traité en justice. Par des juges naturellement.
Mais quand on est ministre, et ministre de l’intérieur de surcroît (c’est-à-dire qui commande à la police), on doit être craint. On use de la force!
Petite engueulade à la kinoise, et policiers fidèles à la réputation de flinguer facilement que de « parloter », flop, dedans ! Une balle, et on va voir le reste.
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Un homme est mort, un médecin en plus, censé sauver la vie aux blessés comme lui.
A Kolwezi, un ministre dans la boue
Un procès a certes démarré. Mais quelle que soit son issue, c’est indéniable, il ne ramènera jamais le médecin à la vie. En septembre dernier, à Kolwezi dans le Lualaba, un ministre avait pourtant lui aussi surpris.
Là, c’est un ministre provincial du Haut-Katanga qui était empêtré lui aussi dans une affaire similaire. Miguel Katemb, c’est son nom, a comparu à la cour militaire de Kolwezi, certes, en qualité de renseignant.
Son garde du corps, en effet, avait tiré sur un motard opposé à ce qu’une serveuse d’un bar soit embarquée dans la suite du ministre.
Moins infortuné que le médecin de Kinshasa, le simple motard devenu célèbre par le fait de finir dans une telle affaire avec « Son excellence » ou ses proches, a eu la vie sauve grâce, naturellement, à l’intervention des médecins qui l’ont pris en charge assez tôt.
Au final, les Congolais ont une seule leçon à tirer de ces histoires rocambolesques. Il faut fuir chaque fois qu’approchent Leurs « Excellences » les ministres. Ils font tuer, sinon, ils peuvent tuer.
Attention avec gens que vous acceptez comme dirigeants
Ces gens-là ne sont pas au service du peuple. Ils veulent qu’on les craigne, qu’on ait peur d’eux. Ils sont puissants. On n’y peut rien, pensent-ils.
Il faut voir passer les cortèges ministériels. Le temps s’arrête tout autour. Peu importe comment : les ministres d’abord. Parfois, même dans des supermarchés, on se permet de fermer lorsque leurs excellences entrent faire du shipping.
Demandez, toutefois, à ceux qui ont le contrôle de ces gens-là, de qui viennent-ils? Qui est leur patron? Entre le patron et l’employé, qui a des comptes à rendre à qui?
Congolais, faites attention avec les gens que vous acceptez comme dirigeants. Certains vous tuent depuis 1960, pire que les balles de ces disputes de Kinshasa et de Kolwezi.













