Union sacrée : Félix Tshisekedi consomme la rupture avec le FCC

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État d'urgence, RDC, Félix Tshisekedi

Très attendu dimanche 6 décembre dans son discours à la nation, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, annonce 2 grandes décisions. Il a perdu confiance en l’actuel gouvernement. Il lui reproche de n’avoir pas répondu aux attentes de la population. Ainsi annonce-t-il qu’il va nommer un informateur en vue d’identifier une nouvelle majorité. Son Union sacrée commence ainsi.

Pas de rupture dans cette union sacrée: c’est le moins que l’on puisse dire de l’adresse de Félix Tshisekedi à la nation. La décision attendue depuis la fin des consultations des forces vives de la nation. Elles devaient, avait annoncé le président de la République, lui permettre de créer une union sacrée. Essentielle pour lui permettre de gouverner, son alliance avec la majorité de son prédécesseur ayant chaque fois butté sur des crises profondes.

La paix, la justice et le renouveau?

De l’avis de plusieurs acteurs politiques et de la société civile congolaise, ces crises bloquent le dévceloppement du pays. Beaucoup, l’archévêque élrite de Kinshasa, le Cardinal Monsengwo par exemple, ont encouragé la rupture.

Rupture dans la gouvernance politique et sécuritaire du pays, comme l’a d’ailleurs soutenu, pour sa part, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege. Reçu, lui aussi par le président lors de ces consultations, le célèbre gynécologue a insisté aussi sur la fin de l’impunité et l’établissement d’une justice transitionnelle, notamment en ce qui concerne de nombreux crimes commis dans l’Est de la RDC.

Lire à propos | Consultations Nationales : Denis Mukwege veut un Tribunal International pour le Congo

Mais l’issue des consultations de Félix Tshisekedi semble plutôt passable. Le président a visiblement essayé de ménager les chèvres et les choux. C’est-à-dire, agir de façon à ne pas complètement se mettre le camp Kabila sur le dos. Mais sans non plus décevoir de nombreux Congolais, son parti UDPS y compris, dans la déception. Ce camp, on le sait, attendait la fin de la coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila.

Mais maintenant que le FCC n’est pas complètement mis KO comme annoncé, par l’aile dure de l’UDPS notamment, il appartient à camp Kabila de décider de la suite des événements. Rempiler, dans une coalition qui aura beaucoup changé pour lui qui revendique la majorité parlementaire. Ou, et c’est là qu’il est très attendu, tenter une épreuve de force qui lettrait face-à-face, cette fois, dans une logique de bataille.

Union sacrée: avec Kabila, et sans Kabila !

Une telle perspective, si elle devrait avoir lieu, ne profiterait à personne. Mais, le caamp Kabila jusqu’ici présenté ccomme plutôt refractaire aux changements promis par Félix Tshisekedi, se verrait accusé de tourner le dos à une “union sacrée”. Ce ce que, pourtant, l’ancien régime que le FCC représente encore aujourd’hui, n’a eu de cesse de défendre à travers plusieurs fora nationaux.

Lire aussi | Consultations nationales en RDC : pour quelle issue entre FCC-CACH?

On se souvient encore des concertations naationales en 2013, qui ont conforté Joseph Kabila mal élu en 2011. Ce forum avait permis au président de réunir davantage de forces politiques et sociales autour de lui pour gouverner. On sait aussi que c’est probablement de là qu’est partie sa faiblesse. Puisque Kabila n’existait plus qu’à travers une mosaïque d’alliances qui parlaient de lui, plutôt qu’une profonde assise nationale portée par un parti politique.

Il faut noter aussi l’ultime accord de 2017 sur la transition alors que le mandat présidentiel avait expiré sans une succession à Joseph Kabila. Bien avait, d’autres moments où l’unité nationale a été prêché ont eu lieu. C’est le cas, notamment, de la conférence sur la paix organisée à Goma, avec principalement le CNDP de Laurent Nkunda Batuare.

Refuser de participer à un gouvernement d’union nationale qui se profile à l’horizon devrait alors marginaliser le FCC. A moins qu’il ne veuille à faire contre mauvaise fortune bon sang, et et courageusement jouer le rôle d’opposition. Or, cette hypothèse entre en parfaite contradiction avec la rhétorique courante au sein de cette plate-forme politique. Elle revendiquait, une semaine plus tôt, 305 députés nationaux. Une “majorité physique”, entendu réelle et non pas seulement sur papier.

La réponse du FCC, et les tensions pour 2023

Ainsi, le ton semble donné. Dans ce cas, si le FCC tient à la confrontation, la solution serait celle qu’elle redoute déjà. Des débauchages parmi ses députés, au profit du camp résidentielle. Celui-ci aurait besoin, s’il avait l’appui de ses anciens pairs de l’opposition notamment Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, d’une centaine de députés, d’une centaine de députés qui changent de camps pour tenir sa majorité.

Aller en justice? Le FCC ne saurait probablement le faire. Puisqu’il a récemment annoncé ne pas reconnaître 3 juges de la cour constitutionnelle. Ces derniers ont prêté serment, en octobre 2020, malgré les protestations du camp de l’ancien président. Il dénonce le non-respect de la Loi et de la procédure de désignation de hauts magistrats et de n’avoir pas été consulté en tant que majorité.

Tous les scénarios testés, le Congo semble engagé désormais sur une voie qui va déterminer son devenir au cours de décennies à venir. La réponse qu’en donnera le camp Kabila déterminera, surtout, ce que sera cet avenir. Confrontation, ou reconsidération des aspirations des protagonistes? Et c’est pour cela que l’UA et l’ONU appellent les protagonistes à privilégier le dialogue et la paix.

2023, année électorale pour la présidentielle et les législatives, arrive avec de grosses tentions politiques potentiellement explosives. 2023, vivement! Il y a encore trois années avant, mais tout semble avoir commencé dès la prestation de serment du nouveau président, successeur de Joseph Kabila.

CD

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