Petit poussin devenu un coq dans la cour de l’UDPS, Jean-Marc Kabund est un faiseur des rois descendu de son piédestal. Le temps de fêtes est terminé. Ses pairs, signataires de sa chute, l’ont renvoyé se faire la discipline. C’est l’histoire d’une déchéance préméditée.
L’histoire de la fin d’un Kabund puissant aurait des racines pas totalement politiques. La politique n’est que l’arbre qui cache la forêt.
« Tout a commencé le mardi 11 janvier [2022, ndlr]. Une vidéo prise par le conducteur d’une voiture a circulé. Elle montre comment des policiers du service de sécurité de Kabund ont attaqué un membre de la garde républicaine le soustrayant violemment de la voiture », explique actualite.cd.
Kabund, le petit garnement ?
Ce coup n’est pas le premier puisque. En 2021, sa garde avait crevé le pneu du véhicule d’un membre de la famille de Tshisekedi. Ce qui a suivi aboutit aujourd’hui à son renvoi du parti présidentiel et signe de nouvelles mutations sur la scène politique en RDC.
Comme d’habitude, ces mutations vont impliquer nouveaux accords et alliances où tous les coups seront permis. Puisque derrière Kabund, aussi léger semble-t-il désormais, se rangent des voix à entretenir en attendant les élections de 2023.
Et l’UDPS auquel il a appartenu, même si on ne l’admettra pas, ne sera plus le même sans lui. Quoique plus pyromane que pompier, il a beaucoup apporté aux côtés de Félix Tshisekedi.
Mais sa fin était prévisible
Nombreux pensent pourtant qu’entre l’UDPS et Kabund, ceci était prévisible. Et Kabund mérite ce qui lui arrive pour avoir toujours joué l’enfant difficile. Téméraire et arrogant, l’homme paye le prix de son orgueil et de son indiscipline. Des gros mots qu’un leader politique ne devrait pas avoir à porter.
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Il a orchestré plusieurs erreurs qui n’ont pas joué en sa faveur. Des erreurs qu’il aurait pu éviter et rester l’homme de mains de Tshisekedi qui ne semble pas avoir une base honnête autour de lui.
Kabund avait pourtant toutes ses chances de mieux marquer l’histoire politiquer congolaise. Mais pour n’avoir pas su se ranger, pour avoir voulu tout contrôler, il a d’abord essuyé un désaveu de ses propres collaborateurs députés nationaux. C’était avant de retourner le parti contre lui.
Déchu, banni et détesté, Kabund bientôt oublié
En plus, Kabund n’aurait plus eu d’égard envers le chef de l’Etat depuis assez longtemps. Un début de sa descente aux enfers. Et maintenant, l’homme rentre progressivement dans les oubliettes, devenant l’homme du passé. Il n’aura sûrement pas que peu de poids dans la négociation de prochaines alliances.
Son désormais ex-parti parle désormais de lui comme celui qui a forcé les choses. « Un homme qui tente de s’accrocher pour un petit temps encore, le camarade Jean-Marc Kabund-a-Kabund appartient désormais au passé de notre parti. » Des propos attribués à un cadre de l’UDPS par nos confrères de mediacongo.net.
Et maintenant, Kabund l’usurpateur ?
Celui-là aurait ajouté : « Nous l’avons sauvé une première fois après sa destitution par les proches de Kabila et il est redevenu 1er vice-président de l’Assemblée nationale alors que la camarade Patricia Nseya aurait dû occuper ce poste ».
Ladite Patricia Nseya, élue de la ville de Likasi et avocate au barreau du Haut-Katanga, a pris le poste de rapporteur de la commission électorale (CENI). Ce qui sonne comme une compensation pour lui avoir arraché ses chances à l’assemblée nationale. Entre-temps, Kabund doit démissionner de la vice-présidence de cette assemblée qu’il occupe au nom de l’UDPS. Ainsi vomi, il est affaibli et doit se réinventer.
Fidèle Bwirhonde











