RDC : pour le départ de la Monusco, beaucoup d’appels à une démarche pacifique

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départ de la Monusco

“MONUSCO, dégage !” C’est désormais le cri de certains Congolais contre la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation au Congo. Nombreux veulent le départ de la Monusco. Et pour forcer le divorce, des manifestations ont lieu depuis le 25 juillet dernier à Goma parfois avec violence. C’est le dernier recours pour cette population qui ne se sent pas protégée par les forces onusiennes. Sur internet, d’autres personnes participent diversement à ce combat.

Tout commence par Goma, une ville qui a toutes les raisons de se révolter tant contre Kinshasa que contre la mission onusienne. Le lendemain, c’est la ville de Butembo qui a rejoint le mouvement. Le départ de la Monusco est le leitmotiv commun à tous les manifestants qui estime que Kinshasa est assez lâche pour contraindre la Monusco à quitter le pays.

Très vite, le gouvernement dresse un premier bilan. Il s’agit de 15 morts dont « 12 civils et 3 casques bleus », selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Des poursuites contre les vandales ?

Les manifestations ont malheureusement pris une tournure dangereuse se transformant en pillage. Des locaux de la Monusco vandalisés et des bien emportés. Les manifestants ont barricadé des routes et attaqué les installations de la mission onusienne. Un épisode dont ils auraient pu se passer pourtant.

Sur Facebook, Patrick Muyaya assure au nom du gouvernement que les auteurs répondront de leurs actes. En effet, Kinshasa « condamne fermement toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations Unies. Les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés ». C’est ce qu’a écrit le porte-parole du gouvernement congolais.

Des dégâts humains et matériels enregistrés ne laissent pas insensibles le gouvernement. D’ailleurs « des enquêtes ont déjà été diligentées par le ministère de la justice et l’auditorat militaire », selon le ministre Muyaya. L’objectif est d’identifier et punir ceux qui ont pris part aux pillages.

Des manifestations, oui, mais pacifiques

La Monusco, se sentant menacée, a appelé le gouvernement a décourager les manifestants. Mais cela n’a pas suffi pour les milliers de congolais qui ne veulent plus de la mission onusienne. Heureusement, il y en a qui, en commençant par le gouvernement, comprennent le sens de la manifestation mais condamnent la violence, d’où qu’elle vienne.  « Rien ne peut justifier une quelconque forme de violence sur la population manifestante encore moins sur les installations de la Monusco », a réagi le gouvernement via son porte-parole.

De son côté, Noel Tshiani a abondé dans le même sens. « Nous sommes d’accord que la Monusco a échoué et qu’elle doit partir de la RDC. (…) Mais exigeons ce départ de façon civilisée, sans violence et sans attaques sur son personnel et ses propriétés physiques et matérielles. Faisons un divorce à l’amiable ». Ainsi a commenté ce candidat président en 2018, sur son Twitter.

Dans le même sens, l’internaute Congolais Benjamin Umba estime que la solution est dans le dialogue. « Nos autorités doivent avoir un dialogue direct avec la Monusco pour un retrait pacifique. Il n’est pas bon d’inciter la population qui au final est victime. Cela nous discrédite. La réputation de notre pays en dépend », écrit-il.

La Monusco, cible de la manifestation, appelle à la « retenue » afin d’éviter la confusion. Le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU a insisté sur le respect du processus de retrait des casques bleus. Mais plusieurs Congolais ont déjà perd leur patience. Il reconnait toutefois un manque de communication autour du plan de transition qui précède le départ de ces forces. « En septembre 2021, avec le gouvernement sous la présidence du Premier ministre et de Madame Bintou Keita, nous avons signé un plan de retrait graduel, responsable et échelonné de la Monusco », a-t-il rappelé.

Rétablir la paix, l’impossible pour la Monusco ?

La mission de l’ONU au Congo est accusée de passivité, traitée d’inefficace dans la démarche de restauration de la paix. Et pourtant, elle est bien présente au pays depuis plus de 20 ans. Pendant ces deux décennies, l’Est de la RDC enregistre des massacres graves, les uns comme les autres. En décembre 2021, elle a renouvelé son mandat d’un an qui pourrait encore être prorogé.

La situation est tellement atroce que depuis mai 2021, le président Félix Tshisekedi a décrété un état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. C’est là que les rebelles sont plus actifs. Malgré cette décision, la criminalité n’a pas perdu en force qu’on ne sait plus compter les morts.

Depuis juin 2022, avec la nouvelle montée des atrocités notamment dans le Nord-Kivu, la main du Rwanda est constamment citée comme commanditaire de cette criminalité. Kinshasa accuse Kigali de soutenir les rebelles du M23 alors qu’ailleurs on soupçon une main ougandaise dans la ce que traverse la RDC. Même s’il a promis d’intervenir dans le retrait du M23, Kigali rejette toujours ces accusations.

Gloria Mpanga

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