Les médias congolais abordent moins les femmes politiques

In Actualités, Politique
Photographie, presse, UPF

Les médias congolais seraient-ils un peu machistes ou, au contraire, ignoreraient-ils les compétences des femmes en politiques ? Elles n’y sont pas assez sollicitées comme source d’information, en République démocratique du Congo. C’est ce qu’indique, en effet, une récente étude  de l’association des femmes des médias UCOFEM.

Seulement 22% des sources d’information sont des femmes dans plusieurs médias. Ce qui veut dire, en clair, que les journalistes pensent très peu aux femmes politiques.

33% de femmes politiques jamais interviewées par les médias

Elles ne manquent pas, pourtant, même si leur nombre serait bien réduit. Elles seraient, d’après une association de jeunes femmes politiques, 43 (8,6%) sur 500 à l’Assemblée national. Et au sénat, il n’y aurait que sept sur 108 (6,4%). D’autres existent encore dans les partis politiques.

L’Ucofem indique, par ailleurs, que moins de 15% des experts interrogés sont des femmes. 33% des femmes politiques interrogées n’ont jamais été contactées par les médias pour une interview.

Kinshasa, Lubumbashi, Goma… villes machos ?

Ces chiffres sont basés sur une enquête menée au premier trimestre de 2017 à Kinshasa et dans d’autres grandes villes de la RDC. Parmi elles, Lubumbashi et Goma. Si ce rapport alerte sur l’accès plutôt limité des femmes aux médias, il envoie en outre une autre information.

Il permet, par exemple, de comprendre que les hommes occupent encore l’essentiel des débats publics sur des questions politiques ou des sociétés. Les femmes, à l’inverse, se battraient moins pour accéder aux médias, comme le font certains hommes en quête de publicité. C’est une conséquence de facteurs culturels et sociaux plus pesants.

Le poids culturel et social

Le rapport note que des facteurs familiaux et culturels limitent l’engagement politique plus actif. Les pressions familiales sont alors indiquées, par 47% des femmes interrogées, comme principale contrainte. D’où, pour 39% des femmes politiques, la conviction que procéder par des quotas ne suffit pas pour amélioration leur participation à la politique.

La pratique ne ferait, dès lors, pas la meilleure solution. Les contraintes culturelles et sociales étant  parfois fortes, il serait mieux d’intensifier les sensibilisations, par exemple. Surtout, agir de façon d’instruire filles et garçons, et espérer faire reculer des stéréotypes.

CD

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