Depuis une semaine à Lubumbashi, la police a interpellé des hommes en périphérie de la ville. Elles les détient pour présomption de complicité dans le meurtre d’un jeune homme nommé Jonathan Kamanda. L’histoire, quasiment surréaliste, alimente pourtant beaucoup de conversations. D’autant plus qu’elle tourne autour d’un devin.
Jonathan Kamanda a perdu la vie, visé par une balle tirée dans sa maison. Il revenait d’une patrouille civile. Une initiative informelle des jeunes du quartier, à Kisanga, mais courante depuis la persistance de l’insécurité depuis 2016. Les parents de la victime n’ont pu savoir qui a tiré sur le jeune homme que grâce aux services d’un devin.
A la suite de son décès, expliquent des proches, son oncle aurait recouru à des fétiches pour attirer à lui les meurtriers.
Après une séance d’incantation, par l’oncle du défunt, un jeune s’est rendu à la maison de la victime, explique-t-on. A son tour, l’homme qui se présente comme auteur du meurtre de Jonathan Kamanda a cité ses complices. L’assistance a ainsi acheminé tous les présumés meurtriers au bureau de la police criminelle pour raison d’enquête.
Debaba pris au piège
Mais au nombre de ces personnes arrêtées figure aussi un catcheur, champion urbain du catch à Lubumbashi. Il s’appelle Tshiboka Debaba. C’est lui qui a facilité l’interpellation de la gangue, expliquent les habitants de Kisanga.
Le catcheur (les joueurs du catch ont la réputation d’être grands féticheurs au Congo) serait pourtant appelé par la famille du défunt pour rendre service. Aider à identifier les tueurs, par ses fétiches. Par la suite, ses demandeurs l’ont accusé d’avoir aussi servi les bourreaux du jeune Jonathan Kamanda.
Pour les gens du quartier Kisanga où s’est produit le crime, la justice devrait condamner les personnes interpellées. La police doit pourtant enquêter. Une entreprise pas du tout évidente. Surtout quand il s’agit d’affaire mystique, où la preuve, sur quoi repose la crédibilité des accusations, risque de manquer.
Eric Cibamba









