La RDC entend exercer le monopole sur la production de cobalt. Plus particulièrement, dans le secteur artisanal. C’est ce qu’ont déclaré les responsables de la Gécamines. Le 31 mars 2021 à Johannesburg en Afrique du Sud, ils donnaient une conférence retransmise en ligne. Ensemble, ils parlaient de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), filiale de la Gécamines installée à Kolwezi.
« La RDC n’a pas besoin d’aide mais d’un commerce équitable et transparent », a déclaré Albert Yuma, président de la Gécamines et de EGC. A la conférence de Johannesburg, il parlait de l’engagement de son pays à assurer une production de cobalt assainie.
Secteur artisanal à valoriser
Et cette transparence implique que le secteur artisanal soit pris en charge. Et l’Etat s’y est engagé, même si cela se révèle un réel défi. La nouvelle filiale de la société publique Gécamines, EGC, se fixe justement de répondre à cet impératif.
Elle achètera le cobalt produit par les creuseurs artisanaux. Un secteur que certaines sociétés minières, trop critiquées pour le déficit de traçabilité de leur chaîne d’approvisionnement, évitent carrément. D’autres, en revanche, profitent de la frilosité de certains géants miniers.
Cependant l’ambassadeur Bene MPoko assure que « c’est depuis extrêmement longtemps que la RDC travaille à améliorer les standards de production artisanale ». Et selon Albert Yuma, un monitoring interviendra « pour que les conditions de travail permettent de livrer un produit respectant les conditions de traçabilité et de responsabilité ».
Et cette responsabilité, par ailleurs, consiste notamment à respecter les normes. C’est notamment les droits humains ou encore une fixation des prix justes. Les miniers artisanaux, en effet, se plaignent souvent des trucages de balance ou de teneur des minerais lors des ventes.
Production de cobalt et artisanat
En outre, selon l’Agence congolaise de presse, EGC serait en mesure de payer jusqu’à 7.5 millions de dollars par semaines les minerais des creuseurs artisanaux. Et derrière cet engagement, la Gécamines vise à assurer le monopole sur le cobalt.
« C’est un monopole pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens », a assuré Albert Yuma. « Un monopole, ajoute-t-il, pour maitriser les revenus d’un minerais stratégique [le cobalt, ndlr] tel que défini dans le code minier, et voir un prix juste et équitable pour les creuseurs d’abord »
Bien plus, en Afrique du Sud, l’ambassadeur de la RDC Bene Mpoko a vanté un pays béni de Dieu, la RDC. Le temps est venu, selon lui, pour qu’enfin les Congolais puissent en jouir, en parlant des ressources naturelles. Et c’est ce qu’a soutenu aussi le président de la Gécamines et d’EGC, Albert Yuma.
« Le président Félix Tshisekedi veut contrôler l’avenir économique de son pays et veut donc que le cobalt amène le développement et la riche dans ce pays », a-t-il déclaré lors de cette conférence d’Afrique du Sud.
On estime aujourd’hui à 20% la part des productions de cobalt directement réalisée par les creuseurs artisanaux en RDC. Une part importante, si l’on considère que ce pays tient à lui seul, 70% des réserves mondiales de cobalt. Et, cela va de soi : il produit à ce jour environ 60% du cobalt mondial.
DM










