Forage des puits à Lubumbashi : entre révolte et business

In Environnement

À Lubumbashi, des privés entretiennent des puits mécaniques et manuels en vue de la vente d’eau potable. Ce business florissant tient à la pénurie de l’or bleu à laquelle fait face la population. La REGIDESO étant dépassée par l’extension illimitée de la ville et l’explosion de la démographie.

Cela représente une aubaine pour les sociétés de forage qui ne cessent de se multiplier depuis environ une décennie. Seulement aussi, s’offrir un puit à Lubumbashi reste un petit luxe alimentant des contraintes financières et techniques.

Forage de puits d’eau, un business très florissant à Lubumbashi

Au Camp Scout, un vent impétueux balaye des cours sèches des maisons nouvellement construites de Lubumbashi. Bien que regardant au quotidien les méandres de la rivière qui traverse la zone, les habitants de ce quartier sont toujours en quête effrénée d’eau potable.

Comme beaucoup, Fatuma œuvre depuis plusieurs mois dans la vente d’eau du puits mécanique. Très estimée , la trentenaire se félicite « de travailler pour soutenir la population sans eau de la REGIDESO», a-t-elle indiqué tout en ajustant délicatement quelques billets d’argent dans ses mains partiellement mouillées.

A l’image de Fatuma, le forage représente une source d’argent pour beaucoup à Lubumbashi. Puisque dans cette ville des sommes issues de cette activité peuvent atteindre les 40.000 Fc le jour et par forage, soit 20 Dollars. Des sommes puisées encore sur le dos de la population qui reste majoritairement pauvre.

De 100 Dollars à 35

Néanmoins, ce business, continue à nourrir les appétits de plusieurs investisseurs. Surtout aussi que le coût d’investissement a sensiblement baissé ces dernières années. En effet, en 5 ans, le mètre foré est passé de 100 Dollars à 35. Et ce, en fonction du nombre de mètres avant d’atteindre la nappe aquifère. Celle-ci étant une formation perméable contenant de l’eau en quantités exploitables.

« J’ai déjà 6 forages à Lubumbashi. Mais grâce à la baisse du prix du mètre foré, je compte en ajouter 10», souligne John Shamamba, assis au balcon de sa maison du quartier Kimbwambwa.

Des compétences pour le forage

Ces ambitions, c’est précisément celles que beaucoup de sociétés de forage veulent mettre à profit. A ces jours, elles élargissent des compétences allant de la pédologie jusqu’à à la mise en œuvre du puits.

Techniquement, ces compétences s’organisent autour d’un camion équipé notamment du barre des mines et du marteau. Ce dispositif est conçu pour casser la nappe aquifère aux fins de remonter l’eau à la surface.

« Nous pouvons forer 5 puits le jour, et avoir même 20 000 Dollars», se félicite un ingénieur sous anonymat.

À l’instar de cet ingénieur, beaucoup de sociétés de forage continuent à voir le jour à Lubumbashi. Cela a une incidence sur la baisse du coût d’investissement et, et permet à la population, surtout de la périphérie, d’avoir accès à l’eau potable.

Willy Mbuyu

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