Yaka vs Teke : ma déferlante des violences à Kwamouth

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Au moins 28 personnes ont perdu la vie, y compris des policiers et militaires envoyés désarmer les communautés Yaka et Teke. Les autorités rapportent, en plus, l’incendie de plus de 240 maisons lors des violences à l’origine de 5000 déplacés.

Ces déplacés concernent la cité de Kwamouth, chef-lieu du territoire du même nom, dans la province de Mai-Ndombe. Les déplacés ont fui les affrontements violents entre Yaka, considérés comme non-originaires, et Teke, originaires du lieu.

Certains déplacés ont traversé le fleuve, pour trouver refuge au Congo voisin. D’autres, ont trouvé refuge à Bolobo. Parmi eux, plusieurs sont des enfants et des femmes. Les hommes et les jeunes, en majorité, n’ont pas quitté la cité, organisés pour se battre et défendre leur cité.

Aux origines de la crise : un tribut excessif

La crise éclate lorsqu’un chef traditionnel Teke exige davantage de paiement sur les récoltes de maïs qu’entendu. Selon l’administrateur du territoire de Kwamouth, Crispin Mwadi, le paiement est passé du simple au quintuple.

Les deux parties avaient signé des conventions. Il s’agit, explique-t-il, de « donner un sac de maïs à la récolte. Les chefs coutumiers tekes, maintenant, ne veulent plus respecter cette convention. Ils sont allés au quintuple. »

La redevance coutumière existe dans plusieurs contrées en RDC. Chaque paysan verse une part de ses récolte au chef traditionnel qui a autorisé sur les terres. Ce dernier doit également verser une part au chef de son ressort : chef de groupement ou chef de chefferie.

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A Kwamouth, les Yaka ont protesté contre l’augmentation unilatérale des paiements. « C’est comme ça que les Teke se sont révoltés pour saccager les non-originaires », a expliqué l’administrateur du territoire à Radio Okapi. Pour lui, la population teke devrait cesser de vexer tout le monde. « Chacun est libre de vivre partout où il veut, comme le dit la constitution » de la RDC, a-t-il poursuivi.

Affrontements armés entre Yaka et Teke

Autour du 11 août 2022, les Yaka, armés et retranchés dans la forêt, ont attaqué même des forces de sécurité. Ils en ont tué 6, 3 policiers et 3 militaires des forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC. Les autorités du territoire ont alors décidé de renforcer la présence militaire et de la police nationale.

Comme dans plusieurs contrées de la RDC, les forces armées sont retranchées à certains endroits, parfois loin des urgences. Le déploiement tardif, à Kwamouth, a fait penser à une négligence de la part des autorités de la province, selon un membre de la société civile.

Le 26 août 2022, une délégation ministérielle partie de Kinshasa a échangé avec les représentants de deux communautés à Kwamouth.

Les échanges ont porté sur la genèse du conflit entre Teke et Yaka. Ils ont également porté sur les solutions à mettre en place pour restaurer la paix à Kwamouth.

Sept groupes ont parlé aux autorités, le vendredi. Il s’agit, entre autres, des députés nationaux et provinciaux élus de Kwamouth, de chefs coutumiers, la société civile force vive de Kwamouth, les confessions religieuses, les notables Teke, des organisations de la jeunesse et associations des femmes, indiqué Radio Okapi.

La police et l’ANR accusées de négligence

Les participants ont exigé la fin du conflit. D’après le site Actualite.cd, l’administrateur du territoire Crispin Mwadi est accusé de n’avoir pas été en mesure de faire respecter l’autorité de l’État. Il n’aurait pas été non plus fait respecter l’ordre public pendant cette période de conflit. Pour cela, les participants à la réunion ont demandé sa suspension.

Ils demandent, en plus, le relèvement du chef de la police nationale et de celui du service national de renseignements. Les deux auraient manifesté de la néglige.

Dans la délégation conduite par le ministre de l’Intérieur Daniel Aselo, figuraient aussi la ministre de la Justice Rose Mutombo, le ministre des Droits humains, Fabrice Puela et le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et solidarité nationale, Modeste Mutinga.

CD

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