Ni Muyej, ni Masuka, mais le Lualaba: que cessent les insultes !

In Opinions
Le Lualaba, Kolwezi

Trêve d’insultes, et de bavardages. Que le travail s’impose. Plus d’un an après la crise, la vérité s’impose, implacable. Ni injures, ni querelles aux puanteurs tribalo-ethniques n’ont fait revenir Muyej au pouvoir. Elles n’ont pas non plus donné à Masuka  le bonheur de gérer une entité où règne la concorde. Que du venin, que de la discorde à Kolwezi, quand on ose parler de la gouvernance.

Tout ce mal qu’on a dirigé cordialement vers ses adversaires a fini par atteindre tout le monde et chacun des protagonistes. La gouverneure Fifi Masuka continue néanmoins de poser des actions d’espoir pour le Lualaba. Comme l’a fait aussi son prédécesseur, le gouverneur Richard Muyej, dont a elle été la colistière.

Rien n’est éternel : Muyej passe, Masuka passera, tout le monde d’ailleurs !

Sur ce plan, la réalité ne transige pas : rien n’est éternel et personne n’est irremplaçable. Il y avait un avant, il y aura un après conflit. Quel Lualaba laissera-t-on après soi? Quel Congo est-on en train de bâtir ?

ville de Kolwezi
Rond-point Mwangeji, Kolwezi. Photo : Eric Cibamba, 2017.

La sagesse voudrait alors que ceux qui dirigent, du secrétaire général d’un parti politique au gouverneur de province, en passant par les bourgmestres, chacun doit faire son travail. Inutile de se battre pour ce qui revient à chacun comme un devoir, quand c’est le tour de l’autre de réaliser un mandat.

Lire | Député Kamweny : « Le Lualaba semble se perdre démesurément »

Le propre des mandats publics, en effet, n’est-ce pas de prendre fin et de ramener chacun à la réalité sinon aux conséquences de sa gestion. Comme on meurt tel qu’on a vécu, on vit tel qu’on a géré, après son mandat. Ceci s’applique aux dirigeants actuels, passés ou à venir, dans le Lualaba ou ailleurs en RDC. Simple principe de gouvernance.

Ne pas écouter les insulteurs

Alors, quelle place pour les insulteurs, quelles leçons pour leur art nocif? La situation du gouverneur Muyej et de la gouverneure Masuka interpelle. Quel que soit le soutien politique dont on jouit soi-même ou son encrage politico-ethnique, il vient un moment où tout s’arrête. Net. Les insulteurs tenteront de baratiner un temps. Et avec le temps, ils se fatigueront, se rendant à l’évidence qu’il ne s’est pas agi de tribu, mais d’État, un État universel, qui appartient à tous.

L’argent n’achète pas non plus tout, et savoir bien s’entourer est la clé du succès. Les gens qui vous chantent des louanges ne vous aiment pas forcément. Ceux qui vous critiquent, vous blessent parfois par leurs propos sévères, ne sont pas toujours les plus méchants de votre parcours terrestre. N’écouter que cette voix, celle de ceux qui vous adorent, sans doute, constitue le départ de tout malheur.

Les flatteurs se retirent en premier

Plus de préso, plus de papa solution, plus de bâtisseur. Vos soutiens de Kinshasa s’arrêtent net, la savane de vos savants exclusifs s’arrête aussi. Net. Les médias qui vous louaient changent de camp, vos influenceurs se révèlent à influence nettement réduite aux likes et retweets.

Face aux politiques ou à la justice, chacun se présente comme un pécheur au confessionnal. Vos avocats, quelques brillants qu’ils soient, se trouvent réduits à gesticuler, à dénoncer. L’Etat du désordre sait malheureusement, lui aussi, rendre à chaque personne selon ses actes. Malheureusement, même le diable sait rendre une telle justice.

Lire aussi | Crise au Lualaba : la société civile appelle à l’apaisement

Recommencer la même chose, cependant, est dangereux. Puisque la roue a été inventée. Et c’est terminé. Son propre, dorénavant, c’est de tourner. Et elle tourne, elle tournera. Encore et encore. Alors, ne pas reprendre les actes qui conduisent où chacun sait désormais !

Alors, qu’on le retienne, par tous, partout : ni Muyej, ni Masuka, mais le Lualaba, le Congo avant tout.

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