Dissoudre l’Assemblée Nationale en RDC : Félix Tshisedeki aura-t-il le courage?

In Politique
Président Tshisekedi

Mardi 3 Octobre, les membres de la société civile Congolaise ont recommandé au président Félix Tshisekedi de dissoudre l’Assemblée Nationale. Ils l’ont dit dans le cadre des concertations nationales qu’a initiées le chef de l’État.

L’ idée de dissoudre l’Assemblée nationale est précisément sortie, le mardi, de Jonas Tshiombela. Aussi de Patient Bashombe, et Christophe Ngoy, Coordinateur de la société civile Congolaise la partagent. Tous étaient reçus par Félix Tshisekedi pour les consultations nationales.

Dissoudre l’Assemblée Nationale, un dilemme pour Félix Tshisekedi

A propos, Christophe Ngoy soutient que « notre avis est que le malaise est vécu par toute la population. Parce qu’au perchoir où il se trouve, s’il y a un malaise, ce sont des leviers qui activent tous les segments de la société qui y sont en souffrance», a dit le Coordonnateur de la société civile Congolaise.

Il constate encore que « cette souffrance répercute sur le social, non seulement le politique. Et aujourd’hui, nous avons expliqué au président que la population, le souverain primaire, ne se sent plus représentée par ses mandataires qui sont dans les institutions.»

D’où « penser très sérieusement à pouvoir restructurer. Et/ou reconfigurer l’Assemblée Nationale. Nous parlons de la dissolution du parlement qui est plus qu’inévitable», a précisé Christophe Ngoy.

Seulement cette idée de la société civile pourrait représenter un risque énorme pour le pays. Et plus individuellement encore pour le président de la République. Lequel ferait face à deux réalités qui ne permettent pas de vitaminer ses ambitions.

Même quand l’hypothèse de la dissolution de l’Assemblée Nationale semble lui ouvrir une brèche pour renforcer le le pouvoir.

Des contraintes juridiques qui découragent ?

C’est d’abord la constitution de la RDC. Laquelle stipule, en son article 148, qu’en cas de crise persistante entre le gouvernement et l’Assemblée Nationale, le président de la République peut, après consultation du premier ministre.

Et des présidents de l’Assemblée Nationale, et du Sénat, prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale.

Ce qui ne serait pas le cas pour la situation que traverse la RDC. Surtout que le texte ne parle pas du conflit entre le gouvernement et le chef de l’État. Encore moins entre l’Assemblée Nationale et le chef de l’État.

En plus, l’idéal voudrait même que la dissolution de l’Assemblée Nationale passe par la confirmation du premier ministre. Ainsi que des présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat de cette crise persistante.

Sur ce point, Kalukanda Mashat, Avocat au barreau de Lubumbashi, constate que « c’est un grand risque de dissoudre le parlement. Le mieux serait de recomposer l’équipe gouvernementale. Le FCC ne pourra pas tolérer. C’est une question de vie ou de mort, il a besoin de survivre.»

S’exprimant également sur la question, Jeanine Mabunda avait appelé, quelques mois avant, « d’éviter les malentendus. Et les risques de haute trahison. »

La présidente de l’Assemblée Nationale avait ajouté en disant « n’est pas juriste qui veut. Et nous devons être très prudent quand nous évoquons des textes constitutionnels. Il ne faut pas jeter en pâture au public des articles de la constitution au risque de provoquer des malentendus et des incompréhensions.»

Une donne financière, pas facile pour la RDC

Par ailleurs, la dissolution de l’Assemblée Nationale pose des contraintes financières. Conformément à la constitution, en cas de dissolution de la chambre basse, le gouvernement est appelé à organiser de nouvelles élections endéans 90 jours.

Gagner un tel pari serait irréalisable pour la RDC aux dimensions continentales. Mais qui a un Budget qui frise les 7 milliards USD. Surtout encore que beaucoup de problèmes gangrènent son développement tant social qu’économique.

Pour ces deux raisons, l’horizon de la dissolution par le président Félix Tshisekedi de l’Assemblée Nationale reste désespérément vide. Lui-même en aurait déjà la mesure du danger.

Willy Mbuyu

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