L’idée suscite des critiques et parfois des railleries pour son initiateur. Mais réformer le système éducatif congolais, ainsi le suggère le ministre des universités Steve Mbikayi, est un réel problème. Il déplore en effet, que 80% de diplômés du secondaire ne soient pas capables de défendre leur titre, en RDC.
« Cela fait cinq ans que je plaide pour la suppression de l’examen d’Etat ! La fraude a vidé le diplôme qui le sanctionne de toute sa substance ! 80% des détenteurs de ce papier ne le méritent pas ! Scandaleux ! », écrit le ministre.
Cela fait cinq ans que je plaide pour la suppression de l’examen d’Etat ! La fraude a vidé le diplôme qui le sanctionne de toute sa substance !
80% des détenteurs de ce papier ne le méritent pas ! Scandaleux ! https://t.co/0VC40JtEOJ— STEVE MBIKAYI (@Cartesien243) 23 juin 2018
Exétat, un système d’évaluation gangrené par la fraude
Telle que formulée, la pensée du ministre Mbikayi présente deux limites très commentées par les internautes, sur Twitter. D’abord le fait de désigner la cause et la contourner, sans chercher à l’éradiquer. Il pointe, en effet, la fraude qui a transformé la nature des Examens d’État (Exétat), le bac. Un test sanctionnant les études secondaires en RDC et qui ouvre à l’université. Mais qui, au fil des années, est devenu une fin en soi, occasionnant des fraudes que tant décriées.
Des organisations de la société civile désignent les écoles privées, en quêtes de plus d’élèves, comme élément aggravant de cette tare. Elles promettent des diplômes à tous les élèves inscrits, même quand on sait que certains n’en ont pas les compétences. Renoncer à cet examen, pour des raisons de corruption, paraît pourtant trop facile. C’est par ailleurs, contourner le problème qui pourtant est clairement identifié.
Réformer le système éducatif congolais
1. Très bonne idée à approfondir.
2. Une réforme de l’éducation nationale doit être menée sans précipitation et avec intelligence, dans un environnement politique différent de celui que connaît la #RDC aujourd’hui.— BOLA Frédéric (@bola2016) 24 juin 2018
Ensuite, le ministre ne propose pas de garantie que le test de sélection qu’il propose aux universités, échappera à la fraude et à la corruption. Il n’indique pas non plus la source de ces chiffres. Sur quoi ironisent plusieurs internautes. Parmi eux, Frédéric Bola pour qui cette réforme vaut la peine, mais pas avec l’équipe dirigeante actuelle en RDC.
« 1. Très bonne idée à approfondir. 2. Une réforme de l’éducation nationale doit être menée sans précipitation et avec intelligence, dans un environnement politique différent de celui que connaît la #RDC aujourd’hui. »
Au fond, le Congo a bien besoin de réformer son système éducatif. Avant Mbikayi, le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, Maker Mwangu, réagissait à une polémique similaire. Sur le niveau intellectuel des diplômés du secondaire jugé en baisse. L’Exétat, ayant été mis en cause. Monsieur Mwangu avait alors expliqué que le diplôme était une présomption de connaissance. De quoi nourrir les critiques de ceux qui y ont vu un aveu de faiblesse du système éducatif congolais.









