Oficialisée en 1977, la journée dédiée aux droits des femmes est célébrée chaque 8 mars. Cette année encore, les femmes sont invitées sur la table de réflexion. Cette fois, l’accent est mis sur l’innovation technologique, l’inclusion et l’égalité des sexes. C’est l’esprit du thème de l’année 2023. « Pour un monde digital inclusif : innovation et technologies pour l’égalité des sexes ».
Selon ONU Femmes, le manque d’inclusion des femmes dans le domaine du numérique « a des répercussions financières énormes ». De même, leur exclusion n’est pas sans conséquence. Elle « a réduit de 1 000 milliards de dollars le produit intérieur brut des pays à revenu faible et intermédiaire au cours de la dernière décennie, une perte qui atteindra 1 500 milliards de dollars d’ici 2025 si rien n’est fait ».
L’ignorance des usages, frein contre les femmes
Dans des pays à revenus faibles comme la République démocratique du Congo, seulement 21% de femmes ont accès à Internet contre 32 % des hommes. C’est ce que révèle un rapport de l’Union internationale des télécommunications publié en 2022. Toujours d’après ce dernier, ces chiffres n’ont pas connu d’évolution depuis 2019.
En RDC, même si les femmes ont de plus en plus accès à Internet, elles manifestent encore des lacunes. C’est notamment dans l’utilisation des outils digitaux comme le déplore Anny Sapidi, formatrice en outils informatiques de base et outils numériques.
« La femme et la fille congolaises possèdent des capacités réduites dans les technologies de l’information et de la communication. Elles sont sur Internet, mais pas pour des fins qui les propulsent. Beaucoup de femmes ne maîtrisent pas les outils numériques », regrette la formatrice.
Des inégalités contre la compétitivité
Beaucoup attribuent aux inégalités le fait que la femme soit moins complétive face à son partenaire homme dans le numérique. En effet, dans la plupart des pays du monde, les hommes sont plus engagés dans les pratiques digitales que les femmes. La faible présence des femmes dans les métiers digitaux pourrait entraîner une régression considérable dans la lutte contre les inégalités des sexes, croient les experts. Ce qui induit un grand manque à gagner pour la femme.
« Actuellement, les employeurs par exemple ne postent leurs offres d’emploi qu’en ligne avec des formulaires à remplir. Le numérique intervient dans tous les domaines de la vie et je ne pense pas que s’il n’y a que des hommes qui postulent en ligne parce qu’ils maîtrisent les outils du numérique, l’employeur dira qu’on attende la femme ». Anny Sapidi est convaincue que « d’ici 2030, l’Afrique doit passer vers la facturation numérique. ». Que sera cette femme de demain si elle ne maitrise pas l’outil numérique ?, s’interroge-t-elle.
Se décider de prendre le devant
Même les conditions de vie assez inégalitaires défavoriseraient aussi les femmes. Anny Sapidi estime que la femme est en partie responsable du vide numérique qu’elle subit. Elle doit se lever et prendre le devant.
Parlant de son expérience, elle explique : « Nous ne baissons pas les bras. Lorsque nous recevons des subventions externes pour former des femmes, nous offrons des formations gratuitement. Certaines se présentent, mais avec beaucoup de difficultés », raconte-t-elle.
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Mais la lutte continue. Et dans cette lutte, le gouvernement a aussi une part de responsabilité. Anny Sapidi pense que l’Etat devrait aussi accompagner la femme. « Il revient aussi au gouvernement congolais d’organiser des formations pour susciter le besoin du numérique dans la femme ».
Cette fois encore, la femme est appelée à redoubler d’effort. En plus des combats qu’elle mène déjà pour l’égalité des sexes, elle doit s’approprier les technologies digitales qui conduisent le monde aujourd’hui. Sans cela, le risque de reculer de plusieurs pas la menace.
Par Gloria Mpanga












