Aviation en RDC : la faillite de la compagnie publique et la peine des voyageurs

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Avion Congo Aiways

Congo Airways, la compagnie d’aviation publique de la République démocratique du Congo est à ce jour à terre. La société a annoncé la « suspension temporaire » de ses activités depuis le 11 septembre dernier. Une nouvelle pas surprenante, vu la qualité de ses services et ses vols en baisse continue.

Selon son directeur Général, cette décision viserait à améliorer l’efficacité de ses services. Pourtant, il est notoriété publique la compagne n’avait les moyens ni financiers ni logistiques pour répondre à ses obligation.

Congo Airways, un moribond qui volait

Des difficultés importantes que la Congo Airways a essayé d’affronter, même avec un seul avion volant avant d’abandonner finalement. Pour tenter de résoudre ses difficultés, la compagnie a sollicité du gouvernement la somme de 32 millions de dollars américains. Il y a déjà eu décaissement de 10 millions notamment pour la location de deux avions, par “leasing”. Mais ce ne sera qu’une goûte dans la mère.

Et en attendant, la situation demeure sans issue et le transport aérien devient de plus en plus un luxe au pays. Difficile de s’obtenir un billet d’avion après d’une compagnie nationale, et même l’obtenir ne garantit rien. C’est simplement parce qu’il n’y a presque plus de compagnie fiable au pays.

La peine des voyageurs

En République démocratique du Congo, les grandes agglomérations sont reliées grâce au transport aérien. Les routes terrestres et la voie ferrée sont à peine exploitables entre les régions du pays. La faillite de Congo Airways est donc un vide remarquable dans le ciel congolais. Les victimes sont à compter par centaines, peut-être par milliers.

Congo Airways suspend ses activités alors qu’entre-temps c’est la fin des vacances. Les vacanciers sont coincés. Pourtant c’était aussi la rentrée scolaire depuis une semaine seulement et certains enfant n’ont pas encore regagné l’école.

Pire coïncidence, c’est également la rentrée parlementaire et beaucoup de députés sont dans leurs circonscriptions électorales. Mais c’est bien fait pour eux. Car c’est bien ces députés qui n’ont pas joué correctement leur rôle. Peut-être la compagnie serait encore active si elle était contrôlée. Des élèves loin de leurs écoles, ont dû reprendre les cours en retard.

Lire aussi: Transport en commun : pressions sur la maire de Lubumbashi

La compagnie africaine d’aviation (CAA) a son lot de difficultés. Plusieurs désagréments sont enregistrés : des vols annulés ou reportés, des avions en panne, une hausse de la demande, etc. Finalement, ceux qui en ont les moyens doivent prendre les vols internationaux, pou relier deux villes du pays, le cas de Kinshasa et Lubumbashi. Il faut supporter de suivre le trajet de l’avion et attendre qu’il revienne au pays. Car les vols à l’intérieur du pays ne sont pas leur mission.

Entre-temps, ceux qui n’ont pas de moyens ont raté des opportunités. C’est le cas de l’humoriste Serano Altamaria de Lubumbashi qui était attendue à Kinshasa pour un festival. Hélas, elle n’y arrivera pas !

«  Mon deuxième film « Tuée par une blague » a été sélectionné au Festival du Cinéma au Féminin- CINEF 7ème édition. J’étais donc censée être à Kinshasa pour représenter le Haut-Katanga du 17 au 22 de ce mois. Mais c’est bien dommage, pas de vol disponible », regrette-t-elle sur facebook.

Répondre à la crise

« C’est quand même une honte pour un pays, grand et beau, comme le nôtre d’en arriver là ! », s’est exclamée Serano. Beaucoup voient la honte et le ridicule dans cette situation. Anormal qu’un pays, aux dimensions de la RDC, n’ait aucun moyen de transport tant public que privé qui soit fiable et viable.

L’économiste Laby Mpiana explique que « la capacité de financement [de la compagnie] est très faible. L’entreprise a réalisé des pertes énormes. »  Et pour remédier à cette situation, il propose à la société de réduire certaines charges qui lui coûtent beaucoup. C’est notamment les voyages, les permutations, le paiement de certaines spécialités externes ou des experts.

« Il faut aussi songer à changer de personnel, suggère-t-il.Ceux-là qui gèrent, a-t-il poursuivi, s’ils ne sont pas spécialistes en la matière, il n’y aura pas de solution. » Sinon, ça sera toujours un manque à gagner pour l’Etat congolais « parce que cette société contribue à l’économie nationale. »

Par Gloria Mpanga

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